Partager l'article ! Polly Pocket -vs- Mighty Max: "Range ta chambre !", qu'elle me disait, ma mère. (Nous passerons sur le fait qu'elle me l'a encore rép ...
"Range ta chambre !", qu'elle me disait, ma mère.
(Nous passerons sur le fait qu'elle me l'a encore répété hier soir, ceci n'est pas le propos du jour...)
Il semblerait que dans une psychorigidité mal placée, une éducation juste, droite et structurée passait pour nos parents par des livres correctement alignés sur leur étagère, des vêtements
proprement disposés sur leur cintre, eux-mêmes machinalement alignés dans une penderie où chaque chemise serait exactement écartée de la même distance de sa voisine à carreaux, et où chaque jouet
ne serait "à sa place" que lorsqu'il reposait au fond de son coffre en bois.
Et dans un énième plan marketing machiavélique, les vendeurs de jouets avaient donc réussi l'exploit de nous vendre comme dernier joujou à la mode... des boites.
Mais pas n'importe quelles boites : des petits coffrets qui tenaient dans le creux de la main. Et qui, une fois ouverts, proposaient rien de moins qu'un mini univers de jeux. Avec des
personnages, des monstres, des caniches avec des rubans roses, des torrents de lave en fusion, et des salons de thé parfumés à la vanille.
Précurseur des revendications d'égalité des sexes qui allaient enchanter la politique des années 2000, il y avait (supposément) les Polly Pocket pour les filles, et les
Mighty Max pour les garçons. Parfait pour un fight à 2 balles.
1er round – le potentiel imaginaire
L'idée d'un petit monde dans une innocente petite boite est plus que louable. Par contre, désolé Maman, mais ça ne résout pas tellement le problème du bordel dans la chambre. Au contraire, plus
il y a de petites pièces, plus il y a d'occasions de les perdre. Derrière un des coussins du canapé, sous le meuble-tv, au fond de la trousse, ou dans mon sandwich au nutella.
Il y a clairement un côté magique à ouvrir et fermer sa petite boite pour démarrer une nouvelle histoire. Plusieurs boites et les histoires peuvent se combiner. Pour peu que t'aies une sœur à peu
près de ton âge, tu peux même tenter un lâcher de loups-garous sanguinaires au milieu du salon de thé de Polly. Les possibilités sont sans fin.
Le principe des deux séries de jouets reste donc le même, mais avons que les Mighty Max sont à la fois cools dans le petit monde qu'ils proposent à l'intérieur de la boite, mais aussi dans leur
look extérieur. Les Polly Pocket avaient simplement des formes de fleurs, de cœurs ou d'étoiles ; perso j'avais le serpent cobra : refermé tu voyais le serpent recroquevillé sur lui-même, avec le
bout de la queue noir et menaçant, et tu sais ce qu'elle devenait, cette queue noire une fois le coffret ouvert ? Un scorpion venimeux. Punaise, un scorpion, quoi !!! (La gueule du serpent
s'ouvrait pour devenir une plateforme d'où partait une liane, il y avait aussi un sarcophage de momie, dois-je vraiment continuer ?...)
En plus du côté "univers secret", les MM l'emportent donc sur les PP car proposaient aussi un aspect transformation à partir de l'apparence extérieure. Ils gagnent ainsi le premier round, et de
toute façon, comme montré plus haut, dés qu'on mélangeait les 2 univers, les MM foutaient une raclée aux PP : t'a déjà vu quelqu'un foutre la raclée à un scorpion géant avec un sac à main ?
2eme round – le succès
"Souvent femme varie", parait-il, et pourtant le succès de PP dure depuis près de 20 ans maintenant. Les formats ont évolué mais la marque est toujours là, on ne peut pas en dire autant des
MM.
Certes les jouets pour garçons ont aussi donné vie à une série télé, basée sur un scénario passionnant où un jeune garçon recevait une casquette ancestrale aux pouvoirs magiques (sic !) et
sautait de vortex en vortex pour affronter les monstres de la gamme de jeux. Mais la série n'a duré que 2 saisons, et les jouets guère plus longtemps.
Et puis il n'y a qu'à voir le nombre de sites de fans qui existent encore sur le sujet. Il y en a bien sûr quelques uns sur MM, mais c'est tout simplement un bonheur de voir le nombre d'octets
consacrés aux mini-poupées. Quelle joie de voir ces jeunes femmes aujourd'hui devenues adultes exhiber fièrement des vitrines entières de boites roses et mauves. Que de vies épanouies doivent se
cacher derrières ces photos de demoiselles couvertes des élégants pendentifs de la gamme...
Je n'ai pas pu trouver les chiffres officiels, mais clairement, les nanas ont raqué plus de thunes sur le coup. Polly Pocket gagne le deuxième round.
3eme round – "Mortel, ce jouet !!!"
Bon, t'imagines bien qu'en donnant des jouets minuscules à des mioches, on n'attend qu'une chose : qu'ils les avalent et meurent dans d'atroces souffrances, intoxiqués par les peintures
ultra-chimiques ou la trachée perforée par le parapluie de la jolie Polly.
Mais non.
Après quelques recherches, il n'y a pas vraiment eu de morts directement liées aux 2 gammes de jouets.
Tout au plus, MM fut critiqué pour son dessin animé, jugé violent pour l'époque car les personnages mourraient vraiment au cours de l'histoire. Lors de l'épisode final, même les compagnons du
héros finissent bouffés par une araignée géante. (Mortel !)
Le terme "Mighty Max" a aussi été repris comme nom d'un virus informatique, mais sans grands dégâts. Quand on pense au potentiel terrifiant de l'univers, on reste un peu sur sa faim.
Pour les PP, ce sont surtout les versions les plus récentes qui ont causé le plus de dégâts : les poupées sont maintenant plus grandes et on peut changer leurs vêtements. Vêtements qui ne sont
pas en tissu mais en plastique, et que l'on peut clipper grâce à des... aimants.
Ouais, je sais, ça commence à devenir intéressant, hein ? T'as remarqué comme les aimants ont toujours fasciné les gamins et qu'ils ont toujours réussi à leur trouver une portée destructrice
malgré leur petite taille ? (Dans le genre, je me souviens que mon frère avait flingué la télé en baladant un aimant sur l'écran : "t'as vu, ça fait des jolies couleurs ?..." sauf que les jolies
couleurs sont restées à jamais sur l'image...).
Bref, fin 2006, Mattel rappelle plus de 2 millions de jouets PP car les aimants ont la fâcheuse tendance à se décoller, apparemment. Résultat : plusieurs perforations intestinales chez quelques
enfants gourmands (t'as vu, c'est ludique, aussi : on apprend que ton estomac digère apparemment assez mal les aimants. Penser à ne jamais manger de limaille de fer). Rien d'atrocement
dévastateur (bien tenté !), mais bon.
Du coup, je fais gagner les Polly Pocket pour ce 3eme round, mais avec une certaine déception.
Au final, les PP ont donc gagné ce fight. De toute façon, dans la catégorie "jouets miniatures", aucun des deux n'aurait été à la hauteur des Micro Machines, devenus cultes via les jouets, mais
aussi les jeux vidéo. Jeu vidéo où tu conduis justement les mini-bolides dans des décors "taille réelle" : la cuisine, une table de billard, ton bureau... Enfin des mini-jouets qui avaient réussi
à conquérir le monde.