Partager l'article ! Mozart, ce héros: Bon, faut qu'je te raconte un truc. Ça me fait un peu chier parce que je sais que je vais me moquer alors que ça concern ...
Bon, faut qu'je te raconte un truc.
Ça me fait un peu chier parce que je sais que je vais me moquer alors que ça concerne une copine que j'aime bien.
Mais voilà quoi, y'a quand même gros dossier.
Du coup, je vais essayer de tourner ça à la "je lance une réflexion un peu maligne à la fin pour faire genre on peut discuter de ça intelligemment même si au départ c'est un peu poilant…"
La copine en question, elle sort avec un mec qui chante dans la comédie musicale Mozart.
Ouaip.
Quand même.
Et encore, j'te dis "comédie musicale", impie que je suis, c'est même pas vrai, c'est un opéra rock.
Ouaip.
Quand même.
Donc déjà, au départ, moi j'ai les yeux qui mouillent tellement je trouve ça trop drôle. C'est une autre copine de la copine en question qui me raconte (mais qu'est aussi ma copine), elle me dit
qu'elle retrouve la troupe à la sortie du Palais des Sports, tout ça…
On rigôôôle, on papotte, gentiment, tout ça.
C'est compliqué parce qu'il est un peu H24 avec la troupe, mais en même temps tellement beau, et il se méfie aussi de tous les gens qui l'approchent sachant qu'il voudrait tirer partie de son
succès actuel pour mettre en avant ses vraies musiques…
Ouaip.
Quand même.
Finalement, c'est là que les Athéniens s'atteignirent, la copine en question arrive.
On discute et elle parait super sincère sur son attachement au mec en question.
(Je lui ai même avoué que j'étais quand même un peu obligé de me moquer.)
Nan, mais en vrai, j'ai appris pas mal de choses.
Il ne joue pas Mozart mais le méchant dans Mozart.
Ouais ouais, y'a un méchant dans Mozart…
Mozart, c'est quand même pas mal foutu: les chansons sont très pop mais assez rythmées, la mise en scène est dynamique et bien faite, et c'est même marrant. Oui oui, goleri, quoi. Par exemple,
y'a des jeux de mots formidables: "Mozart est là !!!" lancé vaillamment dans les dialogues, ce genre de petites choses… (Répète le à voix haute, pour voir, si t'as pas compris...)
Surtout que moi, je me moque, mais attends le mec il est quand même nominé aux NRJ Music Awards. Alors que c'est même pas lui Mozart et que personne d'autre du spectacle n'y est.
Ouaip.
Quand même.
Bon, c'est là que je dois me rattraper par une relecture plus pertinente de la
situation.
Dés que tu remets le truc dans son contexte, tu te dis que mince, lui, il est comme toi et moi, il avait une vie assez simple où il faisait je-sais-pas-quoi avant, et puis il se retrouve sous les
projecteurs tout d'un coup. Il doit bien se douter que le genre comédie musicale en France, ça fonctionne pas trop mal mais c'est aussi un sujet dont on se moque pas mal. Et au milieu de tout ça,
lui veut saisir le coche et montrer ce qu'il sait faire en tant que chanteur. Et puis encore au milieu de tout ça, il essaie plus ou moins d'avoir une copine. Ou pas. Mais en tout cas c'est des
priorités que toi aussi tu connais. Au milieu de plein d'autres que tu n'envisagerais même pas. Et dans tout ça il faut faire face.
Et pour ma copine c'est un peu pareil. Oui il y a le contexte et tout le monde doit lui demander les mêmes choses alors qu'à la base, bein pour elle c'est juste un mec qu'elle a rencontré, qui
lui fait de l'effet, et puis ils vivront ce qu'ils vivront.
En fait, je me suis un peu posé la même question en pensant au journal télévisé de TF1. J'ai un peu l'impression que t'as ceux qui placent ça comme la référence. Le gros journal par excellence.
Et c'est un peu triste parce que quand même, en dehors d'une objectivité discutable, c'est pourtant voyant comme le nez au milieu de la figure que Laurence Ferrari bafouille tous les trois
mots. Du coup, pour les autres, comme un peu pour moi, c'est carrément l'antéchrist. L'incarnation du journalisme biaisé, qui traite l'information comme une bande annonce d'un film à sensations.
En mélangeant les torchons et les serviettes en plus de ça.
Oulala 13,000 morts en Turquie suite à un tremblement de terre, puisqu'on parle de Turquie, on enchaîne sur le débat sur le port du voile (amalgame fallacieux et enchaînement pourri, quand tu
nous tiens), et sans transition aucune, partons rejoindre les fabricants traditionnels de santons en paille dans le fin fond de la Provence… Parce que tout ça méritait bien d'être dans ce qu'on
considère comme l' "actualité" de la journée.
Pourtant, la rédaction de TF1, ça doit quand même pas être n'importe quoi. Derrière un présentateur star aux dents longues, il y a sans doute de gros moyens, techniquement mais aussi humainement.
Des gens qui bossent là depuis longtemps, avec une bonne expérience, et même si c'est parfois un peu honteux de le dire, c'est sans doute une très bonne formation.
Perso, j'ai un peu ce problème avec mon boulot aussi. Bosser dans la finance n'a étrangement plus trop la côte ces derniers temps. Je suis dans le département "risque", donc à la limite, la
réponse facile à qui me parle de mon boulot, c'est justement de dire que je mets un peu des freins à ces traders assoiffés de profit. Mais en fait, plus simplement, derrière ça, y'a des gens
qui bossent dans un gros groupe, groupe que ça fait chier quand il est sujet aux licenciements, groupe qui fait vivre des tas d'emplois justement rémunérés grâce au vilains traders, des gens qui
font des boulots intéressants, techniques, parfois un peu relou…
Je ne prétends pas du tout que les grosses banques n'ont rien à se reprocher, qu'il n'y a pas des choses à critiquer, etc. Mais il faut aussi remettre un peu les choses dans leur contexte.
Les banquiers sont des voleurs. Certes. Si tu veux. Mais c'est pas si simple.
C'est poilant que ma copine sorte avec le méchant de Mozart qui sera peut-être la nouvelle révélation de l'année des NRJ Music Awards, que je devrais quand même aller voir son Myspace parce qu'il
fait aussi d'autres trucs vachement bien, et qu'il est pas terrible sur les photos de google parce que c'est que des photos de promo, parce qu'en fait, c'est pas si simple.
Ouaip.
Quand même.