Tiens, j'ai des potes qui vont bientôt accoucher.
Je voulais leur envoyer un ptit mail, tout ça, pour leur montrer que je me tiens au courant, que ça me fait plaisir pour eux, que je ne vais pas complètement arrêter de leur parler maintenant que
leur priorité tournera autour des couches et des lits en bois verni sans additif chimique et non plus du dernier shot flambé à tester au pub du coin, et pour qu'ils pensent à moi pour m'inviter
au baptême, à l'occasion, si baptême il y a, remarque que ça me ferait bien poiler qu'ils vendent plutôt son âme au dieu bouquetin, à la place, mais bon, je m'égare…
Je voulais donc leur envoyer un ptit mail.
Du coup, je me demande ce que je pourrais bien écrire d'un brin original : j'ai ce formidable don pour me détourner on-ne-peut-plus-lâchement des questions difficiles en lançant une pichenette
rigolote, histoire de changer de sujet, de montrer que je suis un type fun et bigarré, mais un peu malin quand même, mais qu'on vienne pas me faire chier avec des trucs trop prise-de-tête.
Du coup, je me dis : tiens, je vais leur demander s'ils ont déjà pensé à lui créer un compte Facebook, au marmot. À lui ouvrir une adresse Gmail, par exemple. Et éventuellement un blog, un
Twitter, un pseudo, un Flickr, un avatar WoW, lui offrir un Nabaztag…
Genre "ah la la, quel rigolo, ce Gyom".
Mais en fait, je me suis dit que c'était quand même pas si con.
Franchement, j'ai souvent regretté d'avoir connu internet un peu dans une période "bordel". J'ai des pseudo dans tous les sens, les mots de passe, on n'en parle même pas. Envisager de faire le
tri dans mes adresses email me file des migraines pas possibles, j'ai un peu tout et n'importe quoi comme avatar, à la limite je suis super-content du nom de ce blog, mais par contre, on doit
être 3 milliards à avoir le même pseudo sur la planète…
Repartir de zéro me semble perdu d'avance.
Pourtant, pour la "prochaine génération", le deubeulïou-deubeulïou-deubeulïou sera leur nouveau bac à sable, ils devront être prêts à arriver en terrain conquis, et finalement, envisager une page
Facebook pour un gosse où le parent aurait posté 2-3 photos, ça ne me choque pas plus que ça.
L'accès au web passe maintenant par une vraie fenêtre : ta personnalité virtuelle n'est plus seulement un petit bon anecdotique de ton toi. (Kierkegaard, give me five !)
Je sais pas c'que t'en pense. Je sais que le net peut paraître un peu flippant pour tes gosses, faudra surveiller ça, mais je ne vois pas non plus de raison d'aborder ça de façon super-tabou.
Soyons posés, soyons organisés.
J'te dirai c'qu'ils m'ont répondu, si ça t'intéresse.