C’est con, une mouche, en fait.
Techniquement, ça n’a pas de cerveau, il me semble.
Juste un système nerveux, si je me souviens bien. Je crois avoir disséqué une blatte en cours de bio au collège, et on nous avait expliqué tout ça : juste des nerfs et une chaîne de ganglions.
Du coup, ça se résume à l’essentiel.
Et c’est peut-être pas si mal : pas de remords, pas de regrets, pas d’ambition mal placée.
Avancer, manger, sauter, gigoter, repartir, gratter, boire, retirer les morceaux coincés entre les dents, pousser, s’allonger, respirer…
Pas de sentiments qui compliquent tout.
On a tous déjà essayé d’attraper une mouche. Le premier essai est toujours grossier. Et puis bien sûr elle revient quelques secondes plus tard et on essaie d’être plus rapide, voire plus malin, avec un verre, un cahier, ou tout autre plan machiavélique…
Mais pourquoi cette andouille est-elle revenue ?
Elle a bien compris qu’il y a 5 minutes elle a manqué de se manger "mon poing dans la gueule", ce qui, remis à l’échelle, serait l’équivalent d’avoir failli me prendre la Géode sur la tronche.
Punaise, la Géode, quand même, tout ce poids de culture…
Et s’il se trouve que j’ai eu le réflexe d’avoir évité la Géode à quelques centimètres près, bein je rentre chez moi et je me descends une boîte de Ferrero Rochers. Je me mate une saison entière de Friends. Je passe une heure sous une douche bien chaude en me repassant l’album de Tatu à fond les ballons…
Je célèbre la vie, quoi.
Eh bein non, elle, elle revient pour qu’on puisse essayer une deuxième fois de l’aplatir sur la nappe à carreaux.
C’est con, une mouche.
ou alors...
Gyom est bourré...
...
après réflexion.. je dirais qu'il est temps d'arrêter les acides mon cher Gyom :p
On peut aussi dire "article conceptuel sympathique"...
C'est la canicule new-yorkaise qui te tape sur le système ou juste la quête absolue d'un article qui te pousse à te prendre pour une mouche..?
Article fort agréable au demeurant, ceci dit !
J'aime beaucoup le passage sur la Géode, si si.
Et puis, il n'y a pas aussi loin qu'une dimension métaphysique à chercher dans ce post: j'étais dans un café, cherchais une excuse pour ne pas faire ce que j'étais venu y faire, et songeais mollement à ce que je pourrais écrire comme article pour démarrer la semaine.
Et puis il y a eu cette mouche qui a virevolté innocemment à côté de moi, je me suis fait cette réflexion d'abord à moi même, et puis j'ai décidé de la mettre sur le blog.
Ni alcool ni acide en cause ce coup-ci, désolé.
A peine du thé glacé.
En même temps, si tu veux t'en mettre un peu plus sous la dent, le passage sur l'absence de remords/sentiments est sans doute un peu d'actualité. C'était plutôt drôle de mettre un peu de vague-à-l'âme sur ce post du moment en parlant d'une mouche, non?
@ Arthur: En fait, avouons qu'il ne fait pas si chaud que ça.
Enfin, il fait chaud, mais c'est tout à fait supportable. A comprendre: pas trop humide, donc juste un soleil qui réchauffe et chatouille l'arrière du coup.
Merci de souligner le passage sur la Géode.
En fait, j'entame une phase de sélection des happy few.
Des références hautement élitistes qui visent à ne garder que le meilleur de mon lectorat: la Géode pour les érudits parisiens la-tête-dans-l'espace, les Ferrero pour les Gourmets, Friends pour les télévores à l'humour ciblé, et Tatu... Bein vous aviez compris, quoi!?... ;)
imagine que la mouche évite de justesse la géode...
ouais, c vraiment trop con une mouche...
Parce que la mouche, toute conne qu’elle est, sans cerveau, eh bein elle évite.
Certes elle revient, mais elle a réussi à être efficace et rapide. Au moins une première fois.
Et pourquoi elle a réussi à être efficace et rapide ?
Parce qu’elle ne s’est pas encombrée d’inutiles sentiments.
Le secret est peut-être là : savoir se débarrasser d’un certain nombre de sentiments qui nous freinent.
De la froideur naît la survie.
Finalement on a une vie pas si mal : un libre arbitre qui nous permet d'eviter le papier tue mouches.
Dans le feu de la gloire, les étincelles du firmament...
C'est balot, mais ça rejoindrait presque mon propos: vivre dans l'intensité.
Finalement, c'est une sorte d'égoïsme épuré: tu te concentres sur tes propres sensations. Les physiques, celles qui te font basculer, avancer, reculer. Pas toutes ces réflexions qui te ralentissent parce que tu penses trop.
Je ne prêche rien, hein, on est bien d 'accord.
Je n'ai pas encore choisi mon camp entre la mouche ou la fleur bleue.
Mais le parallèle est amusant.