Nouvelle leçon de vocabulaire: le Smirting.
Concaténation de Smoking et Flirting…
Autrement dit: la drague au coin fumeur.
Dans le genre, c’est déjà presque dépassé ici, mais ça va bientôt arriver en France…
Vous savez que fumer est interdit dans tous les lieux publics à NewYork (vous ne saviez pas ? eh bien vous aller bientôt le savoir…), et donc les gens se retrouvent à l’extérieur des clubs/bars/restos, pour aller fumer leur clope.
Pour les boîtes, par exemple, elles ont souvent un petit carré, dehors, avec cordons et tout, pour que le physio se souvienne bien que ces clients-là ont déjà payé, et laisser fumer les gens tel un mini troupeau bien encadré.
Bon, et du coup, quand un fumeur rencontre un autre fumeur, que fait-il ?
Il fume, certes.
Mais aussi, il papote.
Voire il drague…
D’où ce mini-phénomène de mode.
Remarquez que le "t’aurais pas du feu", c’est pas mal pour entamer la conversation…
Perso, je ne suis pas fumeur, à part une de temps en temps, vraiment occasionnellement.
Il était hors de question que j’aille me cailler les miches pour une garot quand il faisait moins 15 dehors; mais maintenant que les beaux jours reviennent, ça peut-être un bon plan pour sociabiliser, éloigné du bruit régnant dans ce genre de bars.
Comment on dit "briquet", en anglais, déjà ?...
On dit Lighter...
Bon moi perso je suis censée avoir arreté de fumer depuis dimanche... et en plus je suis mariée (j'aurais ptete du dire ca en premier d'ailleurs...) Mais bon comme tu dis c'est un moyen de sociabiliser!
Non, mais t'étends ton réseau, tu rencontres des gens, qui te feront rencontrer des gens, qui te présenteront à d'autre gens, qui t'inviteront chez des nouveaux gens... et au bout de la chaîne, y'a le Prince Charmant, normalement.
Reste à connaître la longueur de la chaîne.
@ Lil: Après, il reste toujours la solution -un peu crevarde, certes- mais jusque là, me semble-t-il, inédite:
Tu te postes stratégiquement entre le carré fumeurs et la porte d'entrée. Tu les chopes juste après qu'ils ont fumé leur clope, et tu leur proposes un chewing-gum, histoire qu'ils se rafraichissent l'haleine.
Là, béats de gratitude, ils tombent à tes pieds, ou, plus simplement, ils te remercient et t'essaies d'enchaîner sur une petite conversation mi-légère/pimpante/je-t'écoute/prends-toi-mes-oeillades-plein-la-tronche mi-subtile/cultivée/t'as-vu-comme-y'en-a-là-d'dans/je-ne-suis-PAS-qu'une-paire-de-fesses-dans-mon-jean-moulant-trop-sexy...
C'est ça ou tu te mets aux Gitanes.
Je cartographie simplement les nouveaux lieux de rencontre. Je tiens juste à profiter, et faire profiter, de la convivialité de ces sympas petits carrés fumeurs...
J'aurais pû la jouer plus trash en conseillant d'aller s'attaquer aux potentielles proies en misant sur leurs vices les plus sordides: chopper les soulards juste au moment où ils relèvent la tête du caniveau, aller piocher des vieux pervers qui ne demandent que ça dans des sex-shops alors que leur yeux exhorbités contemplent avec envie les magazines ventant la surdimension pénienne.
Mais non, je me contente d'aller chatouiller l'intérêt des accros à la clope. Le goudron dans les bronches, ça n'a jamais rendu plus vulnérable à mes attaques de charme. Le travail reste encore tout à faire.
Fire-maker? (dit-il avec un sourire angélique qui remplirait de bonheur une mamie tétraplégique mais pas un VIE expartrié dans la finance new-yorkaise)