Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 22:00
Tu commences à me connaître, lecteur. Toi et moi on est un peu comme un vieux couple, désormais. Tu termines les phrases que je ne finis pas. J'accepte de prendre le volant quand tu ne veux pas conduire parce que tu es un peu fatigué aujourd'hui, et pourtant tu m'engueules parce que je n'ai pas tourné exactement dans la petite rue que tu voulais pour trouver une place, parce que vraiment maintenant c'est devenu impossible de trouver à se garer dans Paris.

Tu sais que j'ai l'imagination plus que débordante, que tu me files un coin de papier déchiré d'une enveloppe recue de l'amicale des collectionneurs de coquillages des bords de plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, eh bien je t'en ponds des pages. Que lorsques mes petits doigts commencent à pianoter, ils ne s'arrêtent pas avant d'avoir une crampe, et surtout noirci des pages de bétises.
Tu te demandes même pourquoi mon blog ne s'appelle pas "presque tout à propos de presque rien" ou encore "le blabla par l'exemple".
Tu as très bien compris qu'en me filant des bâtonnets recouverts de gelée de kiwi, je vais d'abord te donner un petit avis objectif, pertinent, mais tout à fait inutile sur ces nouveaux Pocky de tes rêves, mais je vais surtout enchaîner sur des lignes et des lignes à propos des couleurs semi-pastelles, à tel point que tu en rêveras la nuit, que tu voudras en repeindre ton couloir, ta chambre et la descente de ton garage. Ou pas.
On est devenu suffisamment proche pour que tu m'engueules quand je n'ai pas sustenté à ta lecture quotidienne, à ces petites confidences qui n'en sont pas vraiment, mais qui te bercent tout de même dans l'illusion qu'on est un peu des potes, parce que quand même, la vache, avec tout ce que je raconte, tu en connais pas mal sur moi maintenant.

Mais du coup, aussi, derrière ces cascades de phrases, tu sais qu'en général, je ne fais pas bien le malin. Que sous ces multi-couches de cynisme et de mauvaise foi, il y a vaguement un petit coeur qui bat. Un petit coeur qui se laisserait mollement atteindre par l'émotion dans des rares moments d'égarement, lorsqu'il aurait trop mangé de Kinders Surprises pour Pâques, par exemple.
Et que ce petit coeur qui fait pas l'malin, il s'est retrouvé bien naturellement embêté (mais ça, ça ne t'étonnera donc pas tant que ça, vu ce que je viens de raconter...), bien naturellement embêté, je disais, lorsqu'il a fallu creuser son imagination pour une bonne raison. Pour une raison pas drôle, mais une raison qui lui importait vachement, à ce petit coeur. Un truc où tu ne peux justement pas te réfugier derrière de l'ironie et des blagues sur le chocolat.

Quand il a fallu écrire quelques mots pour un enterrement, le petit coeur que tu lis régulierement s'est justement retrouvé plaqué au sol, corde-à-linge-isé, plongé dans le noir et un peu face à un grand mur. Le genre de truc qui te fait te sentir tout petit.
Du coup, l'espace de quelques lignes, le petit coeur a essayer de ne plus se cacher.
L'espace de quelques mots, il a été sincère.

Putain, mais t'imagines pas comment c'était vachement dur !!!
Publié dans : Tranches de vie
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