Partager l'article ! Si seulement...: Il est là, comme presque chaque matin. Le RER est bondé, mais c’est encore respirable. Je suis un peu éloigné de lui, ...
Il est là, comme presque chaque matin.
Le RER est bondé, mais c’est encore respirable. Je suis un peu éloigné de lui, mais je le regarde. Ou plutôt je lui lance quelques regards par moments. Lui aussi se tourne vers moi, c’est comme
un jeu entre nous.
Pourtant je ne lui ai jamais adressé la parole. Il y a trop de monde autour de nous, et puis, qu’aurais-je à lui dire ? Finalement, cette petite routine me convient parfaitement.
Il a les dents de devant un peu longues, des oreilles un eu trop grandes et il n’est pas bien grand. Pourtant son petit nez est adorable. Au final, il est extrêmement mignon. Son innocence lui
donne tout son charme : il n’en joue pas du tout, pourtant je sais que je ne suis pas le seul à le trouver craquant.
Chaque matin, j’ajuste ma cravate lorsque j’en porte une avant de monter dans le wagon. Je redresse une petite mèche derrière l’oreille. Je me tapote les joues pour avoir bonne mine.
Je sais que ce petit jeu de séduction entame la journée du bon pied. Il me rassure. Son regard chaleureux me relaxe et me fait oublier le brouhaha des autres passagers. Chacun reste à sa place et
c’est très bien comme ça.
Et pourtant.
Et pourtant, parfois, je me surprends à espérer plus. L’idée me traverse l’esprit de m’approcher. Briser cette distance et oser le toucher.
Poser ma main sur lui et lui toucher la queue.
Il est tellement mignon, le lapin RATP.