Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /2009 08:30

Es-tu au courant, ami lecteur, que le "décollement de la cornée pour cause de couleurs trop vives dans un tableur Excel" n’est pas encore reconnu comme accident du travail ?
Es-tu au courant que tu passes pour une grosse tapette à vouloir mettre toutes les couleurs du Rainbow Flag dans un même onglet ?
Es-tu au courant que c’est déjà pas facile d’aller au boulot tous les matins et d’être à 2 doigts de rendre son croissant à la vue du manque flagrant de bon goût de ses collègues ?

Sois sympa, ami lecteur, pense à tes collaborateurs ; fais un effort.
Pense à ne pas mettre des couleurs fluo atroces dans tous tes rapports.
Cet article est fait pour toi : il t’apprendra comment faire d’une feuille de calcul un délice pour les yeux.

D’abord, débutons par des cas pratiques : ça, c’est moche.


Tu as voulu te la jouer écolo et mettre du bleu comme le ciel et du vert comme les arbres.
Sauf qu’hormis peut-être à Tchernobyl, aucune créature végétale en ce monde n’est d’un vert aussi criard. Quant au bleu, c’est pareil : autant le bleu pâle passe à peu près, autant on ne verra jamais un ciel de ce ton turquoise (même si Yelle et la Tektonik prennent le pouvoir).
Et pour ce qui concerne le texte rouge sur du jaune pétant, c’est juste ignoble.
C’est pas que ce soit super moche de n’employer que des couleurs primaires… mais en fait, si.

A l’opposé, on a ça, qui est très joli.


Tu remarqueras les tons apaisants : il y a de la couleur, oui, mais pas d’excès.
Ici, on parle de nuances : du mauve pâle, du mauve un peu plus soutenu, du gris, du blanc…
C’est un régal de cliquer sur les petits boutons de cette feuille pour lancer son calcul.

La seconde spreadsheet est bien entendu de ma création, la première a été commise par un de mes collègues visiblement daltonien.

Voici quelques conseils simples pour toi aussi devenir le Chagal de ton open-space, celui dont tout un chacun louera le talent et la finesse, celui dont on se souviendra longtemps après son stage sous-payé.

D’abord, c’est comme pour les bouquets de fleurs, il ne faut pas mettre trop de couleurs différentes. A la limite, deux couleurs assez opposées, qui peuvent trancher, mais on préfèrera encore l’utilisation d’une seule couleur que l’on complètera avec du gris, du noir et du blanc.
Le secret, ce sont les nuances.
Dans un bouquet, pour reprendre la comparaison, on prendra des tulipes orange, que l’on associera à des renoncules orange également : l’astuce étant de varier les formes (de gros boutons avec des fleurs en corolle, des fleurs allongées à côté de fleur rondes…), c’est le meilleur moyen de se démarquer des bouquet tout prêts vendus à la sortie du RER au 8-à-huit, dans un emballage plastique moche.
Ici, on prend une couleur pas trop tape-à-l’œil, comme le mauve, à laquelle on va rajouter un effet blanchi (clic droit -> "Format Cells…" -> "Patterns" -> "Pattern" , et le pointillé le plus dense avec la couleur blanc, qui viendra donc s’ajouter au ton mauve de départ) ou légèrement grisé (idem, avec la couleur gris clair en pattern), le tout subtilement alterné de ligne en ligne.

Vous remarquerez au passage que je donne ces astuces sur une version antédiluvienne d’Excel, c’est encore plus simple avec les versions les plus récentes, qui proposent une myriade de couleurs…

On associe tout ça avec un ton violet plus soutenu (mais j’ai dit "soutenu", pas fluo !), que l’on mettra en tête des colonnes.
De la même façon, le texte sera noir, sauf dans les entêtes où on le mettra blanc, puisque sur une couleur plus foncée.
Rien qu’en balayant du regard la feuille, on comprend quels sont les champs qui sont dynamiques, quels sont ceux qui représentent les titres ; c’est presque si le calcul n’est pas déjà fait d’un simple coup d’œil.

Ne pas hésiter non plus à ajouter des effets de "borders" (clic droit -> "Format Cells…" -> "Border" -> "Line"), là encore, un gris un peu plus soutenu sera de très bon goût en accompagnement du noir. On n’est pas là pour faire du Sudoku : souligner les colonnes, oui ; quadriller la page dans tous les sens, non.

Pour finir, on rappellera qu’un équilibrage astucieux de la largeur des colonnes est toujours de bon goût ; que passer en mode zoom 85% permet de ne pas complètement s’exploser les mirettes, tout comme une police de taille 8 ou 9. L’utilisation du "gras" est souvent la bienvenue, mais on restera économe sur l’"italique".

De rien lecteur, je suis ravi d’avoir égayé ta vie ainsi que celle de tes collègues.

Publié dans : Tranches de vie
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