Vendredi 13 avril 2007

Planet Terror

Wahou, une des héroïnes de Charmed, ou encore un des héros de Lost et un de Six Feet Under. Ca, ça promet d'être un casting sympa, on devrait bien se marrer…
Il y a même Fergie des Black Eyed Peas. Chouette, chouette, chouette.

Un petit peu d'action, parce qu'il faudrait pas s'ennuyer. Une jolie moto, parce que comme ça c'est un peu la classe. Une recette secrète des saucisses au barbecue, pour créer du suspense. Et puis ça devrait faire un film sympatoche.

Sauf que c'est le premier du nouveau double opus de Tarantino-Rodriguez.

Sauf que Rose McGowan, elle fait plus de la sorcellerie entre deux rencards: ici, elle est stripteaseuse unijambiste, avec une mitraillette comme jambe de bois.

Sauf que Saïd n'est plus ex-soldat bricoleur, mais scientifique sadique qui arrache les testicules à ses victimes.

Sauf que Rico n'est plus un gentil embaumeur travaillant au sous-sol d'une jolie maison proprette, mais un méta-mercenaire tatoué-bouqué-scarifié qui doit décimer une armée de zombis, tout en déclarant sa flamme à notre mono-moon-walkeuse, parce qu'il faut bien un peu de romantisme, merde.

Et sauf que notre Fergie-les-grosses-lèvres finit avec la cervelle A L'EXTERIEUR de la boîte crânienne.

Ces mecs sont barges, ce film est gorissime: à côté, Kill Bill, c'est Blanche Neige et les 7 Nains. C'est juste formidable.

Le but de ce double opus est un hommage aux films de séries B des années 70. Genre les films avec des gros flingues, ou encore des monstres, ou encore du sang, ou encore…

Bein là, on a tout mis ensemble, et ça pète dans tous les sens.

Du pur baroque, ça dégouline d'émoglobine toutes les 2 minutes. C'est trash, c'est cru, c'est énorme, c'est malsain. Simplement jouissif.

 


Death Proof

Le premier était griffé Rodriguez, avec quelques suggestions tordues de Quentin. Pour le second c'est l'inverse: Tarantino dirige, et Robert rit grassement pas si loin derrière.

Un film en deux volets. Un premier groupe de filles et un cascadeur un brin barré, les nanas prennent cher. Puis un second groupe de filles et toujours notre cascadeur, là c'est lui qui aura du mal à s'en remettre. Deux volets, deux courses poursuites automobiles, aucun mort-vivant, aucun fusil-à-pompe, mais ça retourne au moins autant. Voire bien plus.

Perso, j'étais à deux doigts de quitter la salle.

Ce film est malsain de bout en bout. En y repensant, je me demande comment j'ai pu être si mal à l'aise parce que le pitch de l'histoire est plutôt simple, mais j'ai vraiment failli rendre mon sandwich.

Je pense que Tarantino est un pro pour jouer avec nos tripes. Les torturer sur la longueur.

Un de mes potes parlait de pureté dans le sadisme et la perversion. C'est vrai que c'est beau, finalement, une telle intensité. Mais alors, punaise, ça secoue.

 


Planet Terror + Death Proof = Grindhouse

Le tout est diffusé avec les poussières sur l'écran, comme à l'époque. Les fausses bandes annonces entre les deux films sont juste énormes (gros coup de cœur pour celle de "Thanksgiving", parodie d' "Halloween" avec un meurtrier trucidant toute une parade de majorettes et de pères pélerins en costume. Ou la revanche des dindes par la décapitation).

Mais ce double opus est plus qu'un exercice de style, selon moi. D'abord, on devine une jouissance absolue des deux réalisateurs à laisser exploser leurs névroses/fantasmes/délires/perversions/sadismes/joies.

Ensuite, même si je suis sorti de là avec l'estomac dans les talons, on se dit que c'est quand même fabuleux qu'une telle sensation puisse être procurée par de simples images.

Je ne connaissais rien au genre dont les films se voulaient hommage, mais finalement ça n'est même pas la peine. Le doublet vient juste donner tout son sens au gore et à l'horreur.

La catharsis par l'exemple.

Publié dans : Des avis sur tout, et surtout des avis
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