Au commencement il y avait San-Ku-Kai.
Un gugus en body rouge, bas résille dorés et avec un masque de ski sur la tête.
Affrontant le mal, il symbolisait le bien.
Incarnation de la bonté dans l’Univers.
Mais gros problème de palette chromatique.
Sa sainteté la Toei l’avait bien compris.
Du coup, on efface tout et on recommence.
Le 1er jour, elle créa le Bioman Rouge.
Fort, courageux, leader dans l’âme.
Toujours amoureux de la grognasse du 3ème jour qui, elle, hésite entre lui et le rebelle du 2ème jour.
Un peu neuneu le Force Rouge.
La Toei était en train de réitérer la boulette San-Ku-Kai.
Du coup, le 2ème jour, elle créa le Bioman noir.
Ah bah voilà…
Le rebelle qui refuse de rejoindre la bande dés le premier épisode.
Bein non, il a du caractère, lui. Il a le passé fragile, la balafre sexy, la vie n’est pas si simple.
Elle n’est pas faite que de blanc et de noir.
C’aurait du être Force grise ; en fait, d’ailleurs.
Mais bon, c’est moins vendeur, tout de suite, donc on le mettra en noir, au milieu des autres couleurs de l’arc-en-ciel, pour bien montrer que lui n’est pas tout à fait comme les autres.
(D’ailleurs, le noir est-il une couleur ? sortez vos stylos, vous avez 3 heures…)
Le 3ème jour, la Toei créa le Bioman Rose.
Le fameux Bioman avec la jupette.
Oui, parce que c’est pas simple à comprendre un Japonais : la Bioman jaune aussi, normalement c’est une fille (cf. 2 paragraphes plus loin…), mais y’en n’a qu’une qui a droit à la jupette. Ou
alors la lesbianité de la chose est mal passée lors du doublage en VF.
Bref, donc la Rose.
La cruche.
Celle qui chouine.
Mais qu’est trop belle.
Mais qui chouine.
Chiante, quoi.
Le 4ème jour, la Toei créa le Bioman bleu.
Bon, lui c’est le bon pote.
Bein ouais, le potos qui se ramène à pas d’heure en sonnant chez toi à l’improviste. Mais il est sympa, il se ramène avec le Ricard et le sauciflard, donc on lui pardonne.
Il met l’ambiance.
Il sera toujours là si t’as besoin de lui raconter tes malheurs. Il va pas te faire avancer des masses, d’ailleurs, mais il est là. Il encaisse.
Il a du bide, d’ailleurs, souvent, le bon pote japonais.
Le bleu, c’est une couleur qui met en confiance. Pas agressive, protectrice, symbole de calme et de sagesse ; définitivement positive.
Il est asexué, d’ailleurs, le bleu. Jamais il se tape la rose.
Jamais il reluque la lesbienne. Non rien.
Pépère.
Le 5ème jour, la Toei créa le Bioman jaune.
On en a déjà soufflé 2 mots.
Bein c’est une fille, mais pas tout à fait.
Un peu comme le bleu, elle sert pas à grand-chose.
Vaguement marrante, mais sans plus.
On n’a toujours pas bien compris.
D’ailleurs, y’a des séries où ils inversent le bleu et le jaune, pour c’que ça change…
Et puis le 6ème jour, ils se sont dit "et si on arrêtait là ?"
Bein non.
Ils créent toujours un truc à la con qui sert de faire-valoir. Un androïde super-moche qui reste à la base.
Ou un grand maître ninja ancestral avec une tête de chien.
Enfin on sent bien que l’inspiration commençait à s’essouffler, hein.
Mais du coup, avec l’acolyte niais vient le gros robot.
Et ça, ça claque.
Genre qui se compose-décompose en petits véhicules voire gros bestiaux. Ils finiront même par y incorporer la palette chromatique.
Là, on sent qu’on touche au but.
Du grand art.
Et alors, le 7ème jour…
Bon, dans Bioman 1, en fait, le 7ème jour, ils ont rien fait de spécial.
Genre petit pot entre collègues, histoire de se féliciter et de conserver la tradition.
Mais un peu plus tard, ils se sont dit, bein merde, c’est sans doute pas bien catholique mais on va pas rien foutre le 7ème jour. Ne nous arrêtons pas sur une si belle lancée.
Du coup, ils ont créé le Bioman vert.
Alors, gros dossier que le Bioman vert.
Je sais, cet article est long, mais vous n’êtes pas au bout de vos peines.
Déjà, le Bioman vert, il est pas tout le temps vert.
Parfois, il peut aussi être blanc, violet, ou même doré.
Parce que le Bioman vert, c’est bien plus qu’un simple 6ème Bioman.
C’est le Bioman dont on aurait rêvé au départ. Genre San-Ku-Kai, avec des couilles.
Lui, il vient vraiment du côté obscur de la force. Comme le noir, mais en pire.
Il en a chié.
D’ailleurs, assez souvent, au départ c’est un méchant.
Mais on le sait bien que ça restera pas un méchant bien longtemps : il a le costume tout pareil que les gentils. Sauf qu’il est vert.
C’est celui qui arrive vraiment à la rescousse.
Qui a son propre robot.
Trop la clâââsse…
Bref, le complément parfait.
Celui auquel on n’aurait pas forcément pensé mais qui s’avère indispensable une fois qu’on y a goûté.
Oui, c’est ça, c’est l’Actimel des dessins animés.
On a peur de tomber malade si on n’en prend plus.
Et bein moi, je suis le Bioman vert de mon équipe.
Les plus pertinents et les avertis le savent déjà : je suis rentré à Paris pour y passer 1 an avant de repartir à NewYork.
Finalement, je compte bien profiter de cette année au maximum.
Personnellement comme professionnellement.
Au boulot, je suis devenu celui à qui l’on confie les taches spéciales. Les projets sur lesquels il faut passer un peu plus de temps.
Ca veut pas dire que je fais que des trucs intéressants, hein ; y’a du bien chiant sur lequel il faut se décarcasser aussi.
Le Bioman vert, quoi.
J’ai pas mon propre robot mais j’ai mon bureau un peu à part.
Rebelle que je suis.
Le truc c’est qui vont l’avoir maligne, parce que perso je me re-casse dans un an, hein.
Et du Gyom, quand on y a goûté, c’est pas facile de s’en passer.
