Dimanche 28 décembre 2008

Au commencement il y avait San-Ku-Kai.
Un gugus en body rouge, bas résille dorés et avec un masque de ski sur la tête.

Affrontant le mal, il symbolisait le bien.
Incarnation de la bonté dans l’Univers.
Mais gros problème de palette chromatique.
Sa sainteté la Toei l’avait bien compris.

Du coup, on efface tout et on recommence.

Le 1er jour, elle créa le Bioman Rouge.
Fort, courageux, leader dans l’âme.
Toujours amoureux de la grognasse du 3ème jour qui, elle, hésite entre lui et le rebelle du 2ème jour.
Un peu neuneu le Force Rouge.
La Toei était en train de réitérer la boulette San-Ku-Kai.

Du coup, le 2ème jour, elle créa le Bioman noir.
Ah bah voilà…
Le rebelle qui refuse de rejoindre la bande dés le premier épisode.
Bein non, il a du caractère, lui. Il a le passé fragile, la balafre sexy, la vie n’est pas si simple.
Elle n’est pas faite que de blanc et de noir.
C’aurait du être Force grise ; en fait, d’ailleurs.
Mais bon, c’est moins vendeur, tout de suite, donc on le mettra en noir, au milieu des autres couleurs de l’arc-en-ciel, pour bien montrer que lui n’est pas tout à fait comme les autres.
(D’ailleurs, le noir est-il une couleur ? sortez vos stylos, vous avez 3 heures…)

Le 3ème jour, la Toei créa le Bioman Rose.
Le fameux Bioman avec la jupette.
Oui, parce que c’est pas simple à comprendre un Japonais : la Bioman jaune aussi, normalement c’est une fille (cf. 2 paragraphes plus loin…), mais y’en n’a qu’une qui a droit à la jupette. Ou alors la lesbianité de la chose est mal passée lors du doublage en VF.
Bref, donc la Rose.
La cruche.
Celle qui chouine.
Mais qu’est trop belle.
Mais qui chouine.
Chiante, quoi.

Le 4ème jour, la Toei créa le Bioman bleu.
Bon, lui c’est le bon pote.
Bein ouais, le potos qui se ramène à pas d’heure en sonnant chez toi à l’improviste. Mais il est sympa, il se ramène avec le Ricard et le sauciflard, donc on lui pardonne.
Il met l’ambiance.
Il sera toujours là si t’as besoin de lui raconter tes malheurs. Il va pas te faire avancer des masses, d’ailleurs, mais il est là. Il encaisse.
Il a du bide, d’ailleurs, souvent, le bon pote japonais.
Le bleu, c’est une couleur qui met en confiance. Pas agressive, protectrice, symbole de calme et de sagesse ; définitivement positive.
Il est asexué, d’ailleurs, le bleu. Jamais il se tape la rose.
Jamais il reluque la lesbienne. Non rien.
Pépère.

Le 5ème jour, la Toei créa le Bioman jaune.
On en a déjà soufflé 2 mots.
Bein c’est une fille, mais pas tout à fait.
Un peu comme le bleu, elle sert pas à grand-chose.
Vaguement marrante, mais sans plus.
On n’a toujours pas bien compris.
D’ailleurs, y’a des séries où ils inversent le bleu et le jaune, pour c’que ça change…

Et puis le 6ème jour, ils se sont dit "et si on arrêtait là ?"
Bein non.
Ils créent toujours un truc à la con qui sert de faire-valoir. Un androïde super-moche qui reste à la base.
Ou un grand maître ninja ancestral avec une tête de chien.
Enfin on sent bien que l’inspiration commençait à s’essouffler, hein.
Mais du coup, avec l’acolyte niais vient le gros robot.
Et ça, ça claque.
Genre qui se compose-décompose en petits véhicules voire gros bestiaux. Ils finiront même par y incorporer la palette chromatique.
Là, on sent qu’on touche au but.
Du grand art.

Et alors, le 7ème jour…
Bon, dans Bioman 1, en fait, le 7ème jour, ils ont rien fait de spécial.
Genre petit pot entre collègues, histoire de se féliciter et de conserver la tradition.
Mais un peu plus tard, ils se sont dit, bein merde, c’est sans doute pas bien catholique mais on va pas rien foutre le 7ème jour. Ne nous arrêtons pas sur une si belle lancée.
Du coup, ils ont créé le Bioman vert.
Alors, gros dossier que le Bioman vert.
Je sais, cet article est long, mais vous n’êtes pas au bout de vos peines.
Déjà, le Bioman vert, il est pas tout le temps vert.
Parfois, il peut aussi être blanc, violet, ou même doré.
Parce que le Bioman vert, c’est bien plus qu’un simple 6ème Bioman.
C’est le Bioman dont on aurait rêvé au départ. Genre San-Ku-Kai, avec des couilles.
Lui, il vient vraiment du côté obscur de la force. Comme le noir, mais en pire.
Il en a chié.
D’ailleurs, assez souvent, au départ c’est un méchant.
Mais on le sait bien que ça restera pas un méchant bien longtemps : il a le costume tout pareil que les gentils. Sauf qu’il est vert.
C’est celui qui arrive vraiment à la rescousse.
Qui a son propre robot.
Trop la clâââsse…
Bref, le complément parfait.
Celui auquel on n’aurait pas forcément pensé mais qui s’avère indispensable une fois qu’on y a goûté.
Oui, c’est ça, c’est l’Actimel des dessins animés.
On a peur de tomber malade si on n’en prend plus.

Et bein moi, je suis le Bioman vert de mon équipe.

Les plus pertinents et les avertis le savent déjà : je suis rentré à Paris pour y passer 1 an avant de repartir à NewYork.
Finalement, je compte bien profiter de cette année au maximum.
Personnellement comme professionnellement.
Au boulot, je suis devenu celui à qui l’on confie les taches spéciales. Les projets sur lesquels il faut passer un peu plus de temps.
Ca veut pas dire que je fais que des trucs intéressants, hein ; y’a du bien chiant sur lequel il faut se décarcasser aussi.
Le Bioman vert, quoi.
J’ai pas mon propre robot mais j’ai mon bureau un peu à part.
Rebelle que je suis.

Le truc c’est qui vont l’avoir maligne, parce que perso je me re-casse dans un an, hein.
Et du Gyom, quand on y a goûté, c’est pas facile de s’en passer.

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Mercredi 24 décembre 2008
Et dans ce paquet, vous ne le voyez pas, mais se cache un merveilleux cadeau...

...à nouveau plus d'articles inédits et formidables pour 2009.

Si si, promis.


Passez de très bonnes fêtes.
  
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Lundi 22 décembre 2008

Hier soir, j’ai failli être saisi par la facilité.
J’ai bien dit "failli".
Ne cédons pas aux tentations de la nymphe feignasserie.

Sur nos chaînes télé préférées se tenait un match de titans : Les Bronzés font du ski sur la Une contre Le Père Noël est une ordure sur la Deux.
J’ai été doucement tenté d’écrire un article sur le sujet.
La seule chose que j’avais véritablement à dire était que pour moi, il n’y avait pas débat.
J’adore les 2 films mais j’ai un vrai problème avec les fins. Un film n’est pas tout à fait bon si je ne suis pas à peu près satisfait de la fin. Et dans le Père Noël, désolé messieurs, mais la fin ressemble à rien. J’imagine qu’ils ont voulu conclure en extérieur histoire de trancher un peu avec la pièce, mais chez moi ça prend pas.
Alors que la fin des Bronzés, là, oui. Pas méga originale, mais l’épilogue avec les huîtres de Christiane (celle qui fait pouet-pouet comme les douze douzaines…) me convient parfaitement.

Vous l’aurez compris, je n’avais pas grand-chose à dire pour bouleverser le sujet donc je me suis abstenu.

Par contre, c’était un parfait test.
Le sujet paraissait classique.
Cherchant à renouveler un peu ma blog-roll, cet exercice imposé semblait on-ne-peut-plus opportun.

Et là je dois dire que j’ai été très déçu.


Oh, va falloir vous réveiller, les moutons ; c’est quoi ces articles à la noix que vous nous avez pondus ?
Pas une approche originale, pas un qui n’échappe à l’écueil de la conclusion plus-que-facile "et vous, vous avez regardé lequel ?...", pas une digression.
Que du plat, du pondu, du convenu, du facile.
Même le ton n’y était pas.

On pourrait à la limite arguer que parler d’un tel sujet est d’une beaufitude sans nom et qu’il ne fallait donc pas s’attendre à des perles de posts, mais là je dis non.
On peut avoir des goûts populaires.
Bob l’éponge mon amour…
On peut vouloir ne pas sortir dans une énième soirée branchée un dimanche soir, et préférer s’emmitoufler devant la télé pour digérer le premier déjeuner de Noël annonciateur d’une longue série.
Foie gras mon amour…
On peut vouloir faire du classique.
Mozart mon amour…
(oui, je sais, rien à voir avec la choucroute, mais bon ; ils ont démoralisé mon inspiration, les buses…)
Et pourtant ne pas faire du mauvais.

A la limite, une mise-en-abime faussement cachée comme ce somptueux article que vos yeux se régalent à lire en ce moment, ok.

Mais 3 lignes pour me dire que vous avez préféré France 2 parce qu’il n’y avait pas de pub, et parce que Thérèse vous a marqué à vie ; ou bien TF1 comme les 10 millions de ménagères de moins de 50 ans qui se respectent ; ou encore affirmer sa rebelle attitude en clamant avoir choisi M6 et ses Noëls en famille nombreuse – décadence quand tu nous tiens…
Là je dis non.

Et vous, vous avez lu quoi, comme bon article sur les 2 films d’hier soir ?

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Dimanche 21 décembre 2008
"Allez, vous allez me vider tout ça.
Hop hop hop...
Virez moi la moquette, les cloisons, je veux de l'espace.
Du vent.

Voilà: on organise une grosse fiesta, ça va être sympa.
Faut juste avoir du goût pour choisir juste.
Savoir être visionnaire.

Bon, va quand même peut-être falloir me mettre quelques écrans, par-ci par-là, que ça comble un peu.
Sinon ça fait tout de suite chiant un grand espace vide.
Un par-là, un par là-bas, un autre encore derrière...
Ah, je sais, y'a qu'à les mettre en hauteur, ça empêchera pas de circuler.
En plus, regardez moi ce haut plafond, ce serait dommage de ne pas en profiter.
Splendide.

Ok, on va peut-être mettre un truc au milieu, quand même.
Genre une estrade, une scène...
Ah non, tiens, un échafaudage. Comme ça on pourra voir les écrans d'en haut, aussi. Et puis, ca fait moins plat.
Ah et puis surtout, l'échaufaudage en métal avec ses marches en agglo, ça va faire un contraste fou avec les jolies colones en pierre et les escaliers Belle-Epoque...
Magnifique.

On va se la jouer moderne et décadent: des projections de jeunes artistes.
Mais des artistes qui en veulent, hein. Pas de la feignasse de newyorkais.
Comment? Une école du Nord - Pas de Calais?
Parfait.
Grandiose.
Subversif.
Sublime.

Bon, et me foutez pas des trucs à la noix comme projections.
C'est la crise: non merci les petites fleurs, les zanimaux et les petits coeurs.
Murakami ça va bien 5 minutes mais bon.
Je veux de la guerre, du taulard, de la ville crado moderne, hein.
Que je vous choppe pas en train de me coller un couple qui se galoche, hein.
Comment? 2 poupées lesbiennes qui s'embrassent avec les visages qui se mélangent l'un dans l'autres?
Ok, ça ira.
Facheune.

Raaaah, et puis me faites pas chier avec du champ' à la con ou des canapés à l'eucaliptus...
Non, on fait pratique. Du sandwich au poulet.
Classique.
Du canelet, ça fait terroir.
Totalement tendance.
De la badoit ou du jus de pomme, ce sera parfait.
Sensas'

Oh! et puis pour l'organisation, je verrais bien un grand maître de la musique électro.
Mais un peu old-school, hein; ça fait plouc d'avoir le dernier DJ à la mode.
Comment, Charlie Oleg n'est pas libre? Ah merde.
Bein Jeff Mills, alors.
Voilà, parfait.
Fabuleux.

Comment ça va falloir trouver du monde pour remplir la salle?
Bein vous allez me rendre ça gratuit, c'est pas grâve.
Pour la beauté de l'art.
On va coller ça sur le budget de la ville; vu les dépenses du moment, un peu plus un peu moins...
Bertrand va nous arranger ça.
Vous avez qu'à faire circuler le mot parmi les magazines bobos, les sites internet ou je ne sais quoi, ils vont bien se déplacer pour un nouvel after-work ultra tendance, les trendies parisiens, non?"



Sans blague, c'était une soirée plutôt sympa, cette inauguration de l'expo dans la nuit, des images, au Grand Palais.
Figurez vous que le sandwich au poulet était vachement bon.
Que j'ai même vu 2-3 oeuvres visuelles sympas, au milieu des tolards lettons et autres soliloques polonais...
Ma petite préférence va à une animation sur NewYork (bein oui forcément...) et un film allemand qui renvoit joyeusement Attrap'Souris au placard...
J'y ai même croisé un pote qui a participé à une des oeuvres: urban mobs. Si c'est pas le summum de la branchitude, ça.

Mais par contre.
Ô grand oui, par contre.
Si je la vois je lui en colle une, à l'organisatrice, parce que c'est peut-étre hype les grands espaces vides, mais putain ça caille !!!
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Vendredi 19 décembre 2008
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Jeudi 18 décembre 2008
Comment peut-on expliquer scientifiquement que l'on puisse n'avoir qu'une seule narine "qui coule" ?
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Mercredi 17 décembre 2008
Oh la traîtresse.

Tous les matins, en arrivant au bureau, je commence par dire bonjour à la machine à café. Je prends un expresso, noir, sans sucre. Pendant qu’il se prépare, je salue également sa voisine la vending machine : je prends une petite bouteille d’Evian.
Ce n’est qu’avec un peu de caféine et la gorge desséchée que je peux commencer la journée.

Les deux compères me connaissent bien.
Elles me voient tous les matins.
Elles savent qu’il ne faut pas chercher à me faire la conversation. Sans mon café et mon eau minérale, ce n’est pas que je sois imbuvable, c’est juste que je manque de jus.
Du coup, un simple brrrrbrrrrbrrrr de gargouillis colombiens et le clingling de la monnaie rendue suffisent. Chacun connaît son rôle. L’affection peut naître de simples gestes ordinaires et d’une attention sincère mais non exhaustive.

Parfois, je reviens un peu plus tard dans la matinée ou dans l’après-midi, pour un autre café. Mais là, c’est une autre histoire.
La journée est lancée, c’est un café social dont j’ai besoin. Le petit goût amer qui accompagne la pause ragots. On se sort la tête des tableurs Excel. On balance sur machin, on s’épanche sur la crise, les documentaires percutants d’M6 ("C’est du propre", mon amour…), le dernier Houellebecq…
Et là on papote.
On papote bien, même.
Il y a souvent du monde.
"Allez-y, vous étiez là avant moi. – Merci. – Je vous en prie."
La machine à café est l’objet de toutes les attentions, de toutes les convoitises.
Chacun la titille à tour de rôle. Elle ronronne de plaisir.

Sa voisine pourrait être jalouse.
Mais non.
Elle connaît bien sa place.
C’est elle la gourmande. La coquine qui nous deale nos barres de Twix.
On n’en prend pas à chaque fois, mais lorsqu’on cède, elle sait se régaler de nos yeux envieux, de notre sourire alléché.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Jusqu’à ce que…

… jusqu’à ce que cette quiche de machine à café se vexe.
Pour je ne sais quelle raison.
Ce matin, levée du mauvais pied, elle a tout bonnement tenté de m’ébouillanter.
C’est bien simple, elle en a fait fondre le gobelet.
On ne s’imagine pas à quel point ces petites choses peuvent devenir mesquines et dangereuses pour peu qu’elles soient dans leur mauvais jour.
Pourtant, j’ai beau chercher, je ne vois aucune raison : je lui ai tapoté les touches comme chaque matin. Je ne crois pas avoir été plus désagréable.
Sa voisine, elle, n’a pas moucheté. J’ai eu mon Evian de façon cordiale, comme à l’accoutumée.
A une température décente.
A croire qu’elle ne s’était pas encore refilé le mot.

Par contre, maintenant j’ai peur.
J’ai peur pour mon Twix.
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Jeudi 27 novembre 2008
Publié dans : Photos
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