Mercredi 15 avril 2009 3 15 /04 /Avr /2009 17:00

Le bon scénar', l'intrigue construite avec des rebondissement qui te font décoller les fesses de ton fauteuil en velours rouge, l'enchaînement de ces petites histoires qui se tissent les unes au dessus des autres pour former un puzzle bien plus complexe… Dépassé.
Tu oublies, tu te fais pas chier à retranscrire une atmosphère, à creuser des personnages, à faire naître une histoire.
Enfin, quand je dis que tu te fais pas chier à le faire, ça ne veut pas dire qu'il faut faire l'inverse. Non, c'est juste que si c'est pas le cas, on s'en tape. C'est plus ça qui compte.
A la limite, tu adaptes un bouquin, tu dilues l'intrigue comme tu le veux, on s'en tamponne le coquillard.

Faire un superbe générique de début. Fini.
Les musiques à la James Bond sur des silhouettes qui se laissent joyeusement deviner, des recherches typographiques marrantes, voir des mini courts-métrages en guise d'ouverture comme un clin d'œil au long qui va suivre (parfait exemple dans Attrape moi si tu peux), plus la peine.
C'est complètement has-been, nan mais franchement, de toute façon, il a quel âge double-zéro-sept? on a déjà eu le temps de l'enterrer 3 fois.

Naaaaan… La tendance, c'est la musique de fin.
Et encore, je dis musique, je devrais plutôt dire chanson.
C'est LE truc complètement hype de sa race du moment.
Les commerciaux ont bien compris le truc: les films sont de plus en plus longs, et nous autres pauvres spectateurs de mes deux, on n'est plus que des légumes bons à s'enchaîner des images par locomotives.
Pendant le film, c'est plan kaléidoscopique sur flashbacks à gogo. On est assommé, on bouffe du cinoche dans tous les sens, on en prend plein les mirettes, tant et si bien que quand arrive la fin du film, on ne sait plus trop si c'était cool ou non (en plus, le pop-corn à haute dose, c'est un peu sédatif, paraît-il…). Et dans ce cas-là, quelle est la solution pour que tu quittes tout-de-même la salle avec le sourire?
La chanson de fin.
La bonne vieille chansonette qui fait office de générique de fin, je te dis.
C'est fini les noms qui défilent sur du Eric Serra dans une liste sans fin de métiers du spectacle dont tu te contre-carres le genou.

Aujourd'hui, il faut une chanson. Rigolote. Voire entêtante pour que tu y penses un bon moment après la projection. En rapport avec le film, ou pas. Et qui te fait quitter la salle en dodelinant de la tête.
Pour illustrer un propos si bien amené, tu exiges un exemple, et je te comprends: Slumdog Millionaire.
Le film évite à peu près les clichés sur l'Inde et n'évoque Bollywood qu'au travers d'une de ses superstars (Amitabh Bachan, le roi du brushing et du déhanché classieux), alors qu'on y pense tous forcément: du début à la fin. Mais quelle n'est pas notre joie de découvrir, au moment du générique, une petite chanson à la Bollywood qui réunit tous les acteurs du film. Avec chorégraphie kitschouille et sourires aux dents blanches de rigueur. Jai ho!!!
Et bein avouons-le, ça a contribué à rendre le film globalement sympathique, non? On l'a voulue, on la eue, ni trop peu, ni pas assez: c'était coolos.
(Le bien plus gros problème étant la reprise de ladite chanson par les Pussycat Dolls, mais ceci est un tout autre débat…)

Idem dans Ponyo sur la falaise: film sympatoche, scénario léger, dirons nous, des milliards de milliards d'idées visuelles à la seconde. C'est super beau, mais il manquait un petit truc pour repartir de là complètement conquis.
Pas dur, on termine donc avec une chansonette trop choupinou qui va nous trotter dans la tête pour les 6 mois à venir (l'exorcisme pour s'en débarrasser étant de ré-écouter la discographie complète d'Hervé Villard 5 fois de suite: très peu s'y sont risqué…), et on ressort de là avec la patate.


      Ponyo, Ponyo, c'est un tout petit poisson
      Un tout petit poisson venu des mers très bleues
      Ponyo, ponyo, elle a un petit bidon
      C'est une petite fille toute ronde
      ...

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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 22:00
Tu commences à me connaître, lecteur. Toi et moi on est un peu comme un vieux couple, désormais. Tu termines les phrases que je ne finis pas. J'accepte de prendre le volant quand tu ne veux pas conduire parce que tu es un peu fatigué aujourd'hui, et pourtant tu m'engueules parce que je n'ai pas tourné exactement dans la petite rue que tu voulais pour trouver une place, parce que vraiment maintenant c'est devenu impossible de trouver à se garer dans Paris.

Tu sais que j'ai l'imagination plus que débordante, que tu me files un coin de papier déchiré d'une enveloppe recue de l'amicale des collectionneurs de coquillages des bords de plage de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, eh bien je t'en ponds des pages. Que lorsques mes petits doigts commencent à pianoter, ils ne s'arrêtent pas avant d'avoir une crampe, et surtout noirci des pages de bétises.
Tu te demandes même pourquoi mon blog ne s'appelle pas "presque tout à propos de presque rien" ou encore "le blabla par l'exemple".
Tu as très bien compris qu'en me filant des bâtonnets recouverts de gelée de kiwi, je vais d'abord te donner un petit avis objectif, pertinent, mais tout à fait inutile sur ces nouveaux Pocky de tes rêves, mais je vais surtout enchaîner sur des lignes et des lignes à propos des couleurs semi-pastelles, à tel point que tu en rêveras la nuit, que tu voudras en repeindre ton couloir, ta chambre et la descente de ton garage. Ou pas.
On est devenu suffisamment proche pour que tu m'engueules quand je n'ai pas sustenté à ta lecture quotidienne, à ces petites confidences qui n'en sont pas vraiment, mais qui te bercent tout de même dans l'illusion qu'on est un peu des potes, parce que quand même, la vache, avec tout ce que je raconte, tu en connais pas mal sur moi maintenant.

Mais du coup, aussi, derrière ces cascades de phrases, tu sais qu'en général, je ne fais pas bien le malin. Que sous ces multi-couches de cynisme et de mauvaise foi, il y a vaguement un petit coeur qui bat. Un petit coeur qui se laisserait mollement atteindre par l'émotion dans des rares moments d'égarement, lorsqu'il aurait trop mangé de Kinders Surprises pour Pâques, par exemple.
Et que ce petit coeur qui fait pas l'malin, il s'est retrouvé bien naturellement embêté (mais ça, ça ne t'étonnera donc pas tant que ça, vu ce que je viens de raconter...), bien naturellement embêté, je disais, lorsqu'il a fallu creuser son imagination pour une bonne raison. Pour une raison pas drôle, mais une raison qui lui importait vachement, à ce petit coeur. Un truc où tu ne peux justement pas te réfugier derrière de l'ironie et des blagues sur le chocolat.

Quand il a fallu écrire quelques mots pour un enterrement, le petit coeur que tu lis régulierement s'est justement retrouvé plaqué au sol, corde-à-linge-isé, plongé dans le noir et un peu face à un grand mur. Le genre de truc qui te fait te sentir tout petit.
Du coup, l'espace de quelques lignes, le petit coeur a essayer de ne plus se cacher.
L'espace de quelques mots, il a été sincère.

Putain, mais t'imagines pas comment c'était vachement dur !!!
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Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 15:00

Aujourd'hui, lecteur, je vais te parler de ses associations fabuleuses qui te filent la banane comme jamais. Encore mieux que le Maxi BestOf et la glace au Nutella, des petits êtres merveilleux sur Terre ont eu la formidable idée de combiner 2 trucs géniaux, pour donner un truc encore plus génial.

On a donc les grands classiques de l'alimentaire: le yaourt parfum tatin, le Nutella Snack & Drink, ou les cookies aux M&M's. Rien de spécial à dire là-dessus: juste que j'attends avec impatience les fraises Tagada roulées dans du fromage à raclette, frites, parsemées de copeaux de foie gras, montées en sushis, et à tremper dans de la sauce tomate fraîche. Un repas complet dans une bouchée délicieuse.

Après, on a eu des combinaisons plus surprenantes mais tout aussi jouissives. Une de mes préférées restera sans doute à jamais les Lego Bob l'éponge. Rien que l'idée me fait baver à m'en noyer la glotte, mais surtout le résultat est hyper bien fait et dangereusement mignon.
Dans le même genre, on peut citer le jeu Super Smash Brawl où faire se castagner Mario, Pikachu, Zelda et Kirby t'enlève toutes les frustrations des heures passées sur les jeux respectifs à t'être pris la tête sur des boss de fin imbattables ou des putains de master pokéball introuvable.
On peut ajouter à ça: les films Alien vs. Predator, les Schtroumpfs Haribo, les dildos Hello Kitty, les sacs Vuitton Murakami, j'en passe et des meilleurs…

Mais aujourd'hui, lecteur, je vais te parler d'un autre combo ultime de la mort qui tue; je vais te parler de Marvel Zombies.
C'est juste un fantasme absolu pour le lecteur de comics que je suis. Et que tu n'es peut-être pas, mais on s'en tape.

L'une des grosses trames récurrentes des comics, c'est de se faire taper dessus les gentils les uns sur les autres. Certes, certaines séries ont des méchants que l'on adore détester, qui sont un vrai bonheur à bastonner (car justement, ils savent rendre les coups) ou dont le côté obscure te fait douter de la blanche justice de nos héros (cf. Le Joker dans The Dark Night). Mais tout de même, comme je te le disais, le truc super cool, c'est de prendre 2 gentils et de trouver un prétexte pour qu'ils se montent sur la gueule.
Dans le genre, on a la solution ultra-classique du clone, du cyborg ou du double interdimensionnel. Avec un peu d'efforts supplémentaires, on peut créer des intrigues plus riches et plus construites comme Civil War chez Marvel, où un amendement rendait hors-la-loi les super-héros qui refusaient de dévoiler leur identité secrète et de bosser pour le gouvernement: c'était la parfaite excuse pour créer 2 camps, les pros et les contres, qui se foutaient sur la tronche au milieu de longs discours sur la définition que chacun avait de l'honneur et de la justice. Plutôt réussi, même si l'issue a été un peu vaseuse.

Ici, on est sur une Terre parallèle (jusque là, rien d'extraordinaire, on a même arrêté de les compter…), et la plupart des super-héros ont été contaminés par un virus qui les transforme en zombies (yeah !!!).
Bon, c'est assez vite vu: ils commencent par bouffer tous les humains qui les entourent.
Normal.
Et ça commence à se compliquer quand ils doivent affronter les quelques super-héros non infectés.
C'est là qu'on commence à trouver ça coolos.
En même temps, cette étape passe assez vite. On a une bonne course-poursuite avec Magneto qui se termine assez tragiquement: une superbe page en 16 cases où ses membres volent en morceaux au milieu des mâchoires de tout ce joli monde.
Mais là où Marvel est super doué, c'est que quand ils ont un concept, ils l'exploitent jusqu'au bout.
Première entorse au concept classique des zombies (je prends ici comme référence les films de Romero): ils n'ont jamais l'air de mourir, même si la tête est tranchée, même si la cervelle est en bouillie. Du coup, ça nous assure encore plus de corps en charpie dans tous les sens, on ne va pas se plaindre. Les zombies ne ressentent en fait plus aucune sensation, plus aucune douleur, si ce n'est la faim. Une faim qui est décuplée et leur fait perdre la tête, les poussant à dévorer tout ce qui leur passe par la main. On l'aura compris, l'histoire est surtout prétexte à un énorme carnage tout au long du bouquin.
Et pourtant, sans doute poussés par l'idée de faire durer le plaisir, on va intellectualiser un peu tout ça pour enrichir l'histoire: après avoir mangé, les zombies se calment un peu et reprennent leurs esprits. Ce qui amènent certains à s'interroger sur leur condition: mais où va-t-on comme ça, une fois qu'on se sera tous entre-dévoré ? Du coup, Antman décide d'étudier un des rares sujets non-contaminés, en cachette, pour éventuellement trouver un remède. Sauf que pour être lucide dans ses recherches, il doit avoir mangé. Et déguste donc des petits bouts de son patient par-ci par-là pour retrouver ses esprits. Un gros carnage, je te dis.
Dans le même genre (et je m'arrêterai là sinon l'article va faire 20 pages): un des épisodes assez importants de l'univers Marvel, c'est la venue sur Terre de Galactus, une sorte d'immense super-vilain venu d'ailleurs qui dévore les planètes et leur habitants. En principe, avant son arrivée débarque le Surfeur d'Argent, qui prévient les condamnés, leur conseillant de quitter leur planète puisque de toute façon ils ne survivront pas. Dans la trame "classique", la Terre sera l'une des seules planètes à survivre à Galactus. Grâce à nos super-héros, justement.
Ici, on s'est dit que ce serait trop de la balle de faire aussi venir Galactus sur notre Terre zombifiée. Du coup, ça démarre par l'arrivée du Surfeur d'Argent. C'est pas bien compliqué, en 4/5 pages il se fait bouffer tout cru. Clâââsse… Et finalement, quand Galactus débarque, cet être le plus redoutable et le plus puissant de l'univers, cet immense géant sans compassion qui a déjà dévoré des civilisations millénaires par troupeaux, et bien ils se disent quoi nos minuscules zombies au pied de ses grandes jambes ?... Chouette du jambon ! On l'aura compris, ils le voient surtout comme une énorme réserve de bouffe. Bon, ça va pas être si simple que ça, mais ici encore, on va avoir une grosse baston qui va sans doute se finir (j'en suis là pour l'instant) en déchiquetage immense.

On l'aura compris, ce bouquin est un pur bonheur pour qui a l'estomac bien accroché.
C'est drôle, c'est gore, c'est bien pensé, c'est plutôt pas mal dessiné, et puis surtout ça mélange super-héros et zombies, que demander de mieux ?
Ça a même réussi à détrôner l'application iphone qui résout le rubik's cube dans ma liste des combos ultimes, c'est dire…

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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /Avr /2009 11:30

Ah, quelle belle musique que le trip-hop.

Perso, aller voir un concert d'électro douce un mercredi soir, ça me laissait un peu dubitatif. C'est-à-dire que c'est plutôt de la musique que tu écoutes pépère chez toi. Genre ambiance vaporeuse, ne brusquons pas trop nos neurones.
Finalement, il y a une forme de défi: c'est un peu comme aller voir un film d'Haneke, t'as quand même de très fortes chances de te faire royalement chier.

Et pourtant.

Les artistes scandinaves ont ce petit grain de folie qui les place un peu à part. Je ne sais pas si c'est dû au fait de ne pas voir le jour la moitié de l'année ou bien s'ils foutent de la caséine d'élan transgénique dans les Fjörds goût vanille, mais il faut bien se résoudre à l'évidence, ils ont ce petit truc en plus.
Ce petit truc en plus qui te fait donner des noms à tes meubles, noms avec 5 consommes d'affilées, suivies par 4 voyelles, certes, mais le tout avec une sonorité qui te laissera tout de même rêveur au final.
Ce petit truc en plus qui poussent les rongeurs du coin à se suicider du haut des falaises (et à creuser, exploser, construire des escaliers ou grimper aux murs dans l'un des meilleurs jeux vidéo du monde).

Et finalement, lorsque le concert commence, les têtes suivent le rythme des basses. Le public commence à tanguer étrangement. Il n'y a pas de paroles, mais quelque chose de familier semble toutefois se dégager de la musique.
Et puis, la salle n'est pas très grande, mais on sent les gens captivés. Les lumières sont tamisées et colorées. Le genre d'éclairage un peu diffus, où l’on voit les grains de poussière voler. Et tout à coup, on est dedans. Nous aussi on bat la mesure de cette musique toute simple. Des combinaisons de beats qui produisent finalement une musique très moderne et à la fois toute primaire.

Le trip-hop, c'est le genre de son qui te ramène à ta condition de petit être fait de synapses et transmissions électriques. Tes émotions ne sont plus que transmission chimique par-ci, liaison ionique modifiée par-là. Tout à coup, ton corps tout entier entre lui aussi en résonance avec ces rythmes électroniques qui ne paraissent plus aussi artificiels.

La musique est simple, les choses sont simples, on est bien.

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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 12:00

Bosser pour la banque rouge et noire, c'est plutôt pas dégueu niveau locaux. Certes, c'est pas la banque de Rolland Garros dont les bureaux sont disséminés dans divers immeubles haussmanniens du quartier d'Opéra, mais tout de même. Quand le printemps arrive, le parvis de la Défense s'anime, les gens s'installent au soleil pour déguster leur sandwich du midi sur les marches de la Grande Arche, ou plus simplement viennent prendre l'air et siroter leur café au pied des statues de Miro, César ou Calder.
En ce qui nous concerne, nous les escrocs greedy aux poches pleines de stock-options ne valant pas un kopek, on travaille dans une grande tour de verre et d'acier. Le genre très télégénique qui passe très bien au 20h lorsqu'il y a un scandale à montrer (c'est pratique, il y a le logo en gros, dessus…).

Dans le hall d'entrée, une grande sculpture d'art contemporain. Une sorte d'ovale en métal, suspendu depuis une voûte de verre, juste au dessus d'un petit bassin d'eau sur lequel elle semble flotter.
Et dans les couloirs de la tour, la banque joue les mécènes en exposant fièrement divers tableaux d'artistes modernes, aux succès plus ou moins contestables. J'imagine qu'ils voient ça comme un investissement.
Ou l'art de l'ironie.

Du coup, dans ce havre de culture, se pose la question: comment décorer l'espace dévoué à la machine à café ? Car tout éveillé artistiquement qu'il est, l'ingénieur financier a tout de même besoin de son shot de caféine tous les matins, afin d'ouvrir les yeux, pour admirer les toiles du couloir (un peu) et remplir ses tableurs excel (beaucoup).

Mais là encore la banque rouge et noire est pleine de ressources.
Il y a d'abord les petites cartes postales encadrées de quelques dessins de Picasso. Le problème est que Picasso, c'est bien joli sur une grande toile à Beaubourg ou au MoMA entre un Braque et un Mondrian; mais sur une petite carte postale sérigraphiée, sous un éclairage pas terrible et à côté du distributeur de Balisto et madeleines sous vide, ça te coupe tes élans de défenseur du cubisme, ça. L'argument du "mais mon petit neveu aurait pu le faire" devient criant de vérité et ton plaidoyer de mec ouvert qui a tout compris à l'art moderne fait vite un plouf lamentable face à ton collègue qui ne jure que par David, Poussin et André Rieux.
Il y a aussi la belle image "pop art" du distributeur de boissons. Une grande bouteille de Coca multicolore, stylisée façon Warhol. Une grande affiche qui s'étale sur toute la hauteur de la machine, rétro-éclairée qui plus est, sublimant les courbes de cette jolie bouteille de verre qu'elle ne vend pas (que des canettes dans la machine – canettes au potentiel pictural moins percutant, apparemment). Mais la encore on passe à côté. La publicité devenue art à l'époque, mais revenue pub aujourd'hui a des sérieux airs de vieux chewing-gum machouillé jusqu'à l'os: ça n'a plus aucun goût et on se demande encore pourquoi il est là.
Finalement, c'est toujours la même histoire, c'est là où l'on s'y attend le moins que l'art émerge. Vestige des années pré-"loi anti-tabac", une simple feuille scotchée au mur, à côté de la fontaine à eau. Tel un Magritte qui aurait ajouté une pointe de cynisme à ses accents d'ironie, un habitué énervé avait pris la peine d'accrocher "Avez-vous remarqué ?... Ceci n'est pas un cendrier, ceci est une fontaine". En fin de compte, c'est la seule chose qui vient égayer ma pause café. Le râleur qui laisse sa marque a le don de me faire sourire.

Je n'ai pas encore tenté de convaincre mon collègue borné de la portée artistique de ce simple papier. Pourtant il y aurait tant à dire, mais ma mauvaise foi aurait tendance à prendre le dessus sur son obstination: il ne s'est jamais montré très ouvert à la discussion.
Et si ça se trouve, c'est lui qui l'avait écrit.

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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 08:00

Allez hop, fini le suspense.
Tu vas pouvoir respirer, lecteur.

Je récapitule pour les retardataires : pour le 1er avril je te donnais 6 vérités sur moi que tu ignorais ; parmi elle, l'une était un poisson d'avril. Le jeu consistait à trouver laquelle.
Si tu as encore envie de jouer, tout n'est pas trop tard.


1/ J'ai déjà vomi dans un Mirage 2000 (deux fois).
2/ Petit, je suis passé à travers le pare-brise d'une voiture, sans aucune égratignure.
3/ J'avais attrapé TOUS les Pokemon (soit les 151) de la première version du jeu sur Gameboy.
4/ Je me suis brisé les dents de devant au moins 6 fois (après, j'ai arrêté de compter...)
5/ Je connais par cœur les 52 premières décimales de Pi.
6/ J'ai déjà eu John Woo au téléphone.


Revenons sur tout ça point par point.


1/ Tu le sais peut-être, j'ai fait une grande école (avec des morceaux de bicorne dedans...), donc un pseudo service militaire pendant un an. J'avais choisi l'armée de l'air, et tout privilégiés que nous étions, nous avons eu la chance de faire un vol en avion de chasse. C'était absolument génial. Si ce n'est que j'ai vomi tout le long du vol (donc au moins 2 fois). Tout ceci était vrai, et malgré tout un excellent souvenir.
2/ Encore une vérité. Un camion a déboulé, ma mère a pillé, je n'avais pas ma ceinture et ai atterri dans le pare-brise qui s'est étoilé sur toute la longueur comme une immense toile d'araignée. Aucune plaie sur le moment, et après une visite à l'hôpital, verdict : une simple bosse. (J'ai le front TRÈS solide.)
3/ Mais bien sûr que je les ai tous attrapés !!! Même Mew. Même Mewtwo.
J'ai fait des échanges, des start-select-A-B-gauche-droite et autres pitreries décrites dans les "trucs et astuces" du net, pour finalement avoir la collection complète. (Ce qui, en toute objectivité ne sert absolument à rien car on finit le jeu bien avant ça).
4/ Je me suis pété l'incisive gauche du haut une première fois étant tout petit. Puis une fois qu'elle avait repoussé, à nouveau en touchant le fond d'une piscine au cours d'un plongeon malheureux. Le truc c'est qu'on vous répare ça avec de la résine qui tenait pas des masses. Du coup, le moindre choc faisait tomber la "prothèse" : je me suis pris une porte, ai chuté en patins, croqué dans une pomme, mordillé un stylo... Et puis, un beau jour (ou peut-être une nuit), ça tient. Là, ça fait près de 10 ans que la résine est restée en place.
5/ Je ne connais que les 5 premières décimales de Pi. Voilà le poisson. Pas grand-chose à dire d'autres que ma vie est remplie de choses inutiles, mais pas encore celle-ci...
6/ John Woo travaille au 8ème étage de mon building. Il bosse sur les produits de crédit. Pas très bavard, mais plutôt sympa.

Comme la dernière fois, beaucoup sont passés à côté du plus plausible.
En tout cas, c'était très rigolo...

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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /Avr /2009 10:30

Tu me connais, lecteur, tu sais que je ne suis au fond qu'un grand gamin.
Tu sais qu'on peut m'attraper sans souci en n'utilisant simplement qu'une énorme tapette à souris géante sur laquelle on aurait disposé un paquet de nounours à la guimauve.
Tu te doutes que dans mes rêves, je parle tous les soirs à Bob l'Eponge, à Sailor Moon et à Peter Parker.

Du coup, quand je reçois une invitation pour une soirée "déguisée", tu imagines bien que je saute au plafond. Je fais des roulés-boulés, j'ai les yeux qui pleurent, les dents qui claquent et les oreilles qui commencent à fumer. Et c'est avec une émotion très peu contenue que je regarde le thème de ladite soirée : cabinet de curiosité.
Là où tous ceux à qui je me suis adressé pour leur demander des conseils me disaient "mouais...", "ah bon ? c'est bizarre comme thème...", "mais ça veut dire quoi ?..." et autres, moi je répondais "rooooh, mais si, c'est trop bien !".

L'invitation venait d'une copine de copine de copain. Croisée au cours d'une soirée. On se connaissait peu mais on s'était bien marré au cours de notre première rencontre.
J'étais ravi qu'elle m'ait inclus dans la liste des invités.

Le reste du message disait : "On te veut bizaaaaaaarre... On te veut étraaaaaannnnnge... On te veut chelou... On te veut curieux... On te veut absurde... On te veut intergalactique... On te veut apocalyptique... (now !)".

Je vous passe mes interrogations existentielles de la semaine sur le costume que j'allais porter ("nan, mais en même temps je vais connaître quasiment personne... et si personne ne joue le jeu ?... de toute façon, moi ça me fait marrer, je veux faire ça bien, et puis  je m'en fous je les reverrai sans doute jamais..."), sans parler des débats profonds sur la nature du déguisement ("mais je ne veux pas être trop littéral : je ne vais pas venir en Superman ou Bugs Bunny, il faut venir en freak : un mec que tu pourrais croiser "dans la vraie vie", mais que tu trouverais effectivement super bizarre...").
Bref, je m'étais décidé pour le gothique (après une grosse hésitation sur le fan absolu de Johnny).

Du coup, ça a donné ça :
On passera sur le commentaire récurrent des personnes qui me connaissent très bien et qui ont vu la photo : "ah mais on ne te reconnait pas du tout".
Tel un Samson du XXIème siècle, si je ne suis plus rouquin, je perds mon mojo.
Soit.

Le truc drôle, c'était de voir les autres costumes.
Pour info, la demoiselle bosse dans la mode. Du coup, la soirée était remplie de modeux. Mais si, vous savez, des gens qui portent des jeans slim jaunes, des tatouages "Frida Kahlo" ou encore la moustache.

Du coup, le modeux qui se déguise en curiosité, bein ça va chercher bien loin. On a eu le mec en armure d'aluminium avec les seins qui pointent (inspiration JPG pour Madonna...), la construction asymétrique (coupe banane sur le côté, maquillage "décalé", robe déséquilibrée...), l'inspiration aviaire (énorme col en plumes de coqs, nid sur la tête, et petits œufs dans les cheveux...), et cætera, et cætera...
Le plus troublant, tout de même, c'est de poser la question : "a priori, pour une soirée comme ça, tu essaies d'utiliser au maximum des fringues que tu as déjà, non ? tu crois que le mec, là-bas, avec son jean léopard...".

Il est comme ça, le modeux, il anticipe. Il le sait que la soirée "cabinet de curiosité" tombera dans les semaines à venir (juste entre la soirée "John Waters" et la soirée "animal à écailles"). Et si ce n'est pas pour cette année, ce sera pour l'an prochain. Du coup, quand il tombe sur un chapeau en cuir de python rose, clouté avec des petites étoiles dorées, il l'achète et il le garde précieusement. Voire il le porte pour aller au taff.

Mais le modeux a tout de même un problème majeur.
Le modeux a profondément le cul entre deux chaises. Le modeux est un bobo extrême. Il adôôôre décorer son appart avec des "meubles" (on insistera sur les guillemets) récupérés dans la rue. Il trouve ça fabuleux de se déplacer en vélo, de boire du Champagne dans des gobelets en plastique Hello Kitty, et te regarde avec des yeux comme des rouleaux de réglisse quand tu lui dis que tu bosses dans la finance.
Pourtant, lui, le modeux, est soit au chômage en train de lancer son propre business, soit en train de bosser pour YSL. Et rêve réciproquement de passer de l'un à l'autre.

Là où tu te rends compte que le modeux est une personne comme les autres. Attachante, avec des petits morceaux d'émotion à l'intérieur. Finalement, comme toi, qu'il n'est que la somme de ses souvenirs passés et de ses aspirations futures. Un être humain ordinaire qui picole, rigole, papotte et fais des blagues pas drôles.
C'est que le modeux, lorsqu'il organise une soirée d'anniversaire, avec tout plein de gens barrés à l'intérieur, bein il fait comme tout le monde et il met sur le buffet un grand saladier rempli de fraises Tagada.
J'en ai presque fait couler mon rimmel.

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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /Avr /2009 16:00

Il y a 2 ans maintenant, je lançai à l'occasion du premier avril un petit jeu.
C'était la belle époque des articles "chaîne" sur les blogs: les 5 derniers livres que j'ai lus, ma vidéothèque idéale en 25 affiches de films, les 4 choses essentielles que je ne vous ai jamais dites, j'en passe et des meilleurs…

Du coup, j'avais adapté le principe à la date, en donnant 6 vérités sur moi ignorées de mes lecteurs, dont l'une était un poisson d'avril. Si vous ne figuriez pas parmi les joueurs de l'époque, allez faire un tour ici (puis la réponse: ).

Cette année, je remets le couvert, avec 6 nouvelles vérités (dont une fausse).
A vous de deviner.

1/ J'ai déjà vomi dans un Mirage 2000 (deux fois).
2/ Petit, je suis passé à travers le pare-brise d'une voiture, sans aucune égratignure.
3/ J'avais attrapé TOUS les Pokemon (soit les 151) de la première version du jeu sur Gameboy.
4/ Je me suis brisé les dents de devant au moins 6 fois (après, j'ai arrêté de compter…)
5/ Je connais par cœur les 52 premières décimales de Pi.
6/ J'ai déjà eu John Woo au téléphone.

Voilà, faites vous plaisir. La réponse bientôt…

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