Jeudi 5 février 2009

Ah, vous savez ce que j'aime avec internet? C'est l'interactivité qu'il permet.
Ces échanges fabuleux de chaleur humaine depuis les 4 coins du monde.
Ces idées partagées, cultivées, défendues, pour les plus petites causes comme les plus nobles.

Regardez ce blog.
Tous ces articles formidables et tellement instructifs que je prends la peine et le plaisir d'offrir à vos petits yeux émerveillés.
Des milliers de lecteurs qui chaque jour arrivent ici avec le moral dans les baskets et qui repartent avec un sourire jusque là, ravis d'en avoir appris un peu plus sur les facéties des plus célèbres héroïnes lesbiennes de télé-réalité, sur comment résoudre le Rubik's cube asymétrique en moins de quarante milliards de tours, ou sur le nouvel arôme de synthèse avec lequel nos copains les nippons auront parfumé nos bâtonnets préférés, le tout emballé soigneusement dans un joli petit paquet avec la tête d'une blondasse venue de la Lune avec les yeux aussi grands que des réveils-matin.
Le tout délivré avec style, délicatesse et attention.

Alors ça vous arracherait les auriculaires de laisser des commentaires, non?
On n'est pas des sauvages ni des abrutis, un blog, c'est fait pour amener la discution. Un petit rebond sur un article de temps en temps, ça n'a jamais tué personne.
Au moins pour me montrer qu'il y a quelqu'un qui me lit, j'avais pas l'intention de lancer des trolls infinis, mais bon...

(Ca marche, la démagogie et la flatterie vaguement déguisée derrière un pseudo coup de gueule, à votre avis?...)


Bon, sinon, je disais, de l'échange, du partage, tout ça tout ça...
Prenons un premier exemple.
Moi, fier comme Artaban du titre de mon blog, je m'amuse naturellement à aller chercher sur Google les autres sites mentionnant des cerises bleues.
Première constatation: comme de bien entendu, il y a environ cent trente mille autres sites qui me citent en lien (d'autres blogs, des sites de fan club, des rapports de thèse...).
Mais il y a aussi d'autres sites qui se réfèrent aux cerises bleues, dans un tout autre domaine.
J'ai trouvé une association de peinture, des chambres d'hôtes, un projet avorté du KGB, une équipe de skippers...
Et donc, moi, bonnard, ravi de faire de la pub et de brosser les gens dans le sens du poil, je leur écris pour leur dire "Ouiiii, c'est trop bieeeeen, moi aussi j'ai un blog qui s'appelle les cerises bleues (venez à l'occasion, il est trop cool); je me demandais justement comment vous en étiez venus à choisir ce même nom (copieurs!)..."
Je leur promettais bien évidemment la gloire pour les inciter à répondre: parler d'eux sur mon blog.
Et j'ai reçu ainsi quelques réponses...
Alors, le truc qu'est marrant c'est que tout le monde trouvait l'idée sympathique, par contre personne ne m'a parlé de mon blog, ne m'a demandé ce que j'y écrivais. Et ils se sont tous précipités dans une logorrhée d'explications moralisatrices à la "oui, alors moi, mon site..." suivi d'un "oh oh oh, mais tout le monde sait que le terme bleu cerise vient de ..."; et c'est là que les Athéniens s'atteignirent. Ou plutôt qu'ils ne s'atteignirent pas, justement. Car malgré le ton très consensuel et professoral, personne n'est d'accord.
D'aucun clament une paternité liée aux chasseurs alpins. D'autres la couleur bleutée du jus de cerise tachant le linge blanc (nan mais j'vous jure...).
Alors qu'on sait très bien que les cerises bleues, c'est comme Brocéliande ou les Leprechauns, ça existe bel et bien. Faut juste apprendre à les voir.
Bref, je n'ai jamais publié leurs réponses, je ne suis jamais retourné sur leurs sites, ça m'a coupé l'envie de leur foutre un procés au cul.
Et puis s'il y en a qui lisent en ce moment cet article... bein laissez un com', cf. le paragraphe précédent. Vous suivez ou quoi?

Comme autre grand moment de partage amené par ce blog, il y a aussi cet article que j'avais écrit sur le nouvel an chinois de l'an dernier.
On venait de rentrer dans l'année du rat et je m'émerveillais des ces illustrations atrocement niaiseuses que l'on voyait partout, représentant le fier rat chinois déguisé comme une vulgaire tapette (remarquez au passage le jeu de mot sensationnel...).
Et quelle meilleure illustration que cette image que j'avais trouvée: un pépé chinois et son petit-fils, représentés comme deux petits rongeurs, en costume mandarins, se baladant sur une branche au milieu des cerises. Il ne m'avait fallu que changer la couleur des fruits et le tour était joué: fabuleusement appropriée, rapide à faire, parfait.
Quelle ne fut pas ma surprise, alors, de recevoir au moins 6 mois plus tard un mail rédigé dans un français approximatif me disant:
"Je utiliser traducteur. Moi pas content toi utiliser image de moi. Tu pas légal rhubarbe. Toi retirer image démonte-pneu pour jugement. Amicalité"
En gros.
Oui, alors effectivement, l'un des passagers de ces cars entiers de Serbo-Moldaves qui se rassemblent quotidiennement pour lire mon blog avaient bien du remarquer que j'avais honteusement piqué son image pour illustrer un article au contenu de la plus haute importance stratégique. Le bougre voulait sa part du butin.
Résultat, j'ai d'abord flouté l'image (elle était toute moche...) et je viens seulement de la remplacer par une nouvelle, qui, a priori, ne devrait plus poser de problème.
Le premier qui m'écrit pour me dire que les oreilles du montage appartiennent à sa souris, je lui fais bouffer sa tapette.

Voilà, au passage, pour conclure en terminant dans la bonne humeur: vous ne l'aviez sans doute pas remarqué (l'image doit pas être assez grosse...), mais il y a sur la droite un lien vers la fan-page des cerises bleues sur Facebook.
Donc, plutôt que de transformer des cheerleaders en loups-garoux et de me poker à coup de de test sur les chanteuses rousses, venez plutôt vous inscrire.
Y'a de la place, pour le moment, on est dix...

Publié dans : Tranches de vie
Voir les 4 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 4 février 2009
Le RER A est une petite chose formidable.

Ce matin, je me réveille avec près d’une heure de retard.
En accélérant la préparation (je skippe la french manucure et l’épilation des orteils…), je pars de chez moi en étant une grosse demie-heure à la bourre.

Je prends mon RER pour finalement arriver à la Défense avec à peine plus de 10 minutes de retard.

Le miracle dans cette brèche du continuum ?
Un accélérateur de proton ? non.
Le même super pouvoir que Flash ? non.
Des tas de gens. Des gros paquets de gens qui d’ordinaire montent et descendent à Gare de Lyon et Châtelet à l’heure de pointe. Des bons vieux amas de gens qui tirent la tronche (dont moi, hein, ne nous détrompons pas…) et plombent l’inertie du train.
Alors que là, pfiutt, comme une fleur, nous avons virevolté de station en station.

Le problème c’est qu’en arrivant y’avait plus de "20 minutes".

Mon distordeur spatio-temporel a encore besoin de quelques réglages.
Publié dans : Tranches de vie
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 4 février 2009

Bonjour lecteur,

S’il y a bien un truc qui me met de bonne humeur le matin, c’est de faire un tour dans mes fils RSS pour lire les posts des blogs que je suis assidûment tel une graine de framboise accrochée à sa molaire du fond.
Je ne lis pas pleiiiin de blogs, je ne lis pas que des blogs intelligents, mais j’aime bien quand ma petite liste m’affiche au moins 4 ou 5 liens nouveaux.

S’il y a bien un truc qui me met de mauvaise humeur le matin, c’est de voir que les articles que je lis sont truffés de fautes d’orthographe. Les "un espèce de ..." me font remonter le Nesquik du fond de la gorge, les "je fini par lui dire..." me poussent à me dévorer les cuticules jusqu’au moignon et j’en défaillis presque en voyant des S du pluriel passés à la trappe.

Bien entendu, moi aussi je fais des fautes ; mais on parle là de petites étourderies laissées de-ci de-là comme un petit poucet insolent qui voudrait vous dire "ah, c’était pour voir si vous suiviez bien !!!", pas d’un torchon qui donnerait envie à Capello de bouffer son Larousse.

Je sais, ça reste des blogs. C’est écrit vite fait et ça se veut sans prétention. Mais c’est surtout un reproche que je me fais à moi-même : je me vante tendrement de lire des blogs de qualité. S’il vous plaît chers collègues, pensez à accorder vos participes.

Putain, c’est quand même pas compliqué : si c’est l’auxiliaire être qui est employé, on accorde en genre et en nombre avec le sujet comme un attribut ; si c’est avoir qui est usité, on n’accorde pas, sauf si le complément d’objet est direct et placé AVANT le verbe ; il y a éventuellement le cas des verbes pronominaux où la règle devient alors...

Bref.

Mais bon, tu me connais un peu, lecteur, et tu sais que je suis bonne pâte. Je râle, je râle, mais au fond, j’en ai rien à foutre. Du coup, je vais surtout essayer de me pencher sur le fond du problème.

Admettons que ces étourderies grammaticales ne soient que des actes manqués.
Non pas un beau majeur tendu à nos académiciens, mais plutôt un je-m’en-foutisme assumé, et un subconscient qui viendrait s’exprimer dans un lexique simplifié.

Pour cela, je vais prendre un exemple.
Dans la colonne de droite, vous trouverez tout un tas de liens vers mes blogs suivis plus ou moins au quotidien. Parmi eux, prenons l’un des plus prolixes : Gauthier.

Ah, charmant personnage que ce Gauthier.
J’ai eu l’occasion de le rencontrer en personne. Une fois le torticolis passé (il est grand, ce con) et la surprise de l’accent oubliée (du magret de canard à chaque syllabe...), on ne peut que trouver sympathique ce grand dadet.

Du moins au début.

Car ensuite arrive ce petit arrière-goût d’insubordination qu’il prend tellement plaisir à cultiver, et qu’il faut alors choisir d’accepter, sinon autant aller voir ailleurs.
Oui, le Gaugau nous parle de ses petites histoires de cœur, mais surtout de ses grandes histoires de cul ; de ses quelques jours de déprimes, mais au moins autant que de ses nombreuses nuits de débauche.
Ca fait parfois un brin mal au cœur de voir qu’il brûle la vie par les 4 ou 5 bouts qui lui passent sous la main, mais je le rejoins tout à fait lorsque’il clame "si vous n’êtes pas contents, z’avez qu’à aller voir ailleurs".

Et donc, tout sympathique qu’est ce garçon, il écrit comme une merde.
Je parle de l’orthographe, hein, pas du style : c’est au contraire souvent savoureux et percutant, mais cessons ces blablas et voyons ça de plus près.

Je ne suis pas allé chercher bien loin : l’article de ce lundi, où le monsieur nous raconte sa fin de semaine plus ou moins arrosée :

Je savais pertinemment que si je me retrouvais dans le marais avec ma provinciale de colocataire, je finirai encore à l’envers dans un caniveau ou dans un taxi surchauffé.

Ca te ferait pondre une quille de savoir accorder un conditionnel ?
Clairement, son usage forcé et douloureux de l’indicatif nous montre que Gauthier lutte intérieurement avec son lui existentiel. Confus, il essaie de se battre contre ses mauvaises habitudes, contre ces débuts de soirées qui le poussent vers des chemins incontrôlés. Sa langue fourche (entre autre) et il oublie l’accord.

Mercredi, je gère. Je reste seul chez moi, je matte dans conneries à la télé (Dexter est ma nouvelle passion du moment, je me fais les trois saisons d’un coup, j’adore).

L’usage redondant du T nous montre le caractère pavlovien et répétitif de la chose...
Je ne soulève même pas la confusion des mots.

Je vous sens perdu, je vous explique.

Digne du "S’il vous plaît, Mademoiselle, t’as pas une clope ?"
Confusion des nombres, confusion des genres...

Chauffeur qui passe donc 15 minutes à relancer la discussion sur les thèmes suivant "vous rentrez de soirée ? c’était bien ? vous avez bu ? vous ne travaillez pas demain ? vous travaillez peut-être la nuit ? vous n’avez pas l’air de vous ennuyer !" Et je vous en passe...

A nouveau un S qui saute, à défaut de céder aux avances du chauffeur...

Je me suis enfuie à 30 minutes de la fin parce que je sentais que mes jambes me lâchaient et que j’allais être physiquement incapable de revenir chez moi si je ne me dépêchais pas.

Cette fois on retombe sur une problématique de genre. Ce garçon a sans doute une identité sexuelle trouble. Je le soupçonne d’être homosexuel...

J’ai reçu des appels toute la nuit pour rejoindre des gens un peu partout dans des soirées plus ou moins décadente.

Bon, le non-accord du pluriel reste toujours mon préféré. Gauthier mène mille vies à la fois. Schizophrène à ses heures, il cherche pourtant ce qui le définit comme lui-même. Où trouver son chemin parmi toutes ces tentations ?

Je suis assez méchant car cet article n’était pas si terrible que ça. Quant à ma psychologie à 2 balles, n’en parlons pas ; disons que ça me permet au moins à moi d’exorciser joyeusement.

Et à la limite, cet exercice nous montre que Gauthier a presque adopté sa propre grammaire. Ces petites fautes qui veulent dire tellement plus...

Bon, tu me feras plaisir si t’apprends à conjuguer un passé simple correctement, mais t’es déjà presque à moitié excusé.

Bisou mon Gaugau (et désolé de t’avoir pris comme bouc émissaire).

Publié dans : Tranches de vie
Voir les 3 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 3 février 2009
Allez hop, on y retourne et cette semaine, on cause des Pocky Strawberry Hello Kitty.

Pour les biscuits, soyons brefs, soyons efficaces.
Ils sont dégueu.
Parfum à la fraise de synthèse, goût over-sucré, à éviter, donc.
(En même temps, ils ont été malins, c’est un mini-paquet : ils se doutaient bien qu’on saturerait vite)

D’ailleurs, ce petit goût de fraise écoeurant me rappelait quelque chose…
Tel un Basile détective en goguette, j’investiguai sur ce mince indice. Un souvenir lointain.
Un écoeurement qui remontait à l’enfance, mais qui –étrangement– semblait rester comme un bon souvenir.

Paradoxe de l’enfance : certains trucs désagréables avaient un goût de reviens-y, et réveillent encore aujourd’hui une certaine nostalgie.
Ne pas répéter à mon ptit frère que nos engueulades où il me tirait les cheveux et me mordait le dos me manquent…

Souvenir donc.
Il s’agissait d’un biscuit, j’en suis presque certain. Et cet atroce goût de fraise de synthèse avait la même couleur.
Mais oui c’est bien sûr ! Les BN à la fraise.
Immondice sans nom dont la première bouchée amenait pourtant à se taper tout le paquet.

Pourtant, et oh mon Dieu c’est un scandale que personne ne m’ait prévenu : ils n’existent plus.
Maintenant, on trouve à la place des BN "pulpe de fraise", où la garniture a une couleur de gelée de fraise, et –impensable folie– un goût de fraise.
Bref, on ne respecte plus rien ma bonne dame.

Sinon, la grognasse sur le paquet, c’est Hello Kitty.
Vous l’aurez reconnue.
Au départ, je partais pour écrire l’article autour d’elle mais finalement on va s’arrêter là.
En même temps, tout a été dit et fait sur cette gourdasse : des bijoux immondes et hors-de-prix, des avions kitsch à souhait, des meurtres atroces…
Publié dans : Les bâtonnets du mardi
Voir les 2 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 2 février 2009
Quelle meilleure façon de conclure un week-end passé à picoler et dormir que d'aller voir un film sur les nazis?

Etrangement plébicité par ma mère (en général, elle ne veut aller voir que des films avec Julia Roberts ou Sophie Marceau...), nous allons donc voir Valkyrie, de Bryan Singer, avec Tom Cruise.

Honnêtement, au départ, je me croyais revenu à mon stage au Japon. Avec ce grand moment de solitude que ce premier jour de stage: "Guillaume, nous allons vous présenter à l'ensemble de nos employés", et là, alors que se succèdent des visages qui -et c'est odieux- se ressemblent tous les uns les autres, c'est une torchée de noms qui riment qui me sont débités: "Voici, Madame Yukiko; et Madame Fumiko; et Madame Yokomi; et Madame Takako...".
Elles se ressemblaient toutes, on se serait cru à une partie de Jungle Speed avec déjà quelques verres dans le nez.
Ici, on voyait défiler sur l'écran le Général Von-der-trucstein, le Colonel Stauffenchouette, le Lieutenant Biduleschmann... tous avec le regard pas content, tous en uniforme long et sombre, tous à marcher rapidement en tapant des talonettes.

J'ai cru que je n'allais jamais arriver à les distinguer, et pourtant au bout de quelques minutes, exactement comme j'avais fini par connaître personnellement chacune de mes collègues nippones, on s'y fait. Et malgré le peu de couleurs, on rentre dans le film.
Chromographie appauvrie qui se révèle d'ailleurs très efficace: les quelques plans sur le drapeau nazi deviennent alors d'autant plus pertinents avec ce rouge qui se dégage dramatiquement.

Le film raconte donc la tentative échouée d'assassinat d'Hitler, juste avant que l'Allemagne ne perde la guerre.
On a bien tous vu Tom Cruise nous faire des cabrioles sur le canapé de Jay Jeno ou Helen de Generes pour nous donner envie (notons au passage à quel point c'est de circonstance, vu le thème du film...), mais c'est surtout les affiches et l'idée de voir Ricky Business dans un contexte un peu plus grâve que d'ordinaire qui m'a convaincu d'y aller.

Le problème de départ du film, c'est qu'on sait dés le début que la tentative va échouer (d'oh!).
Tout ça se met en place scrupuleusement, untel va voir machin, fait vaguement du chantage à tel autre, etc.
Si bien qu'à un certain point on finirait presque par vouloir y croire. A attendre le grand moment.
Ou plutôt, on se surprend à chercher quelle est la petite erreur qui va faire que ça ne va pas marcher.
Oui, parce que c'est bien là ce qui est formidable dans cette histoire. Je n'ai pas dit "dans ce film", mais plutôt "dans cette histoire", c'est le vertige qu'il provoque.
On est en 1944, ce n'est pas comme si on allait effacer les exactions des nazis, mais tout de même. Voir que des choses avec un tel impact tiennent à un si petit fil.
Et sur ce point, le film est réussi. Car justement, il ne tire pas à lui la grandeur du spectacle. Ce qui retient notre soufle, c'est cette histoire. Cette Histoire.
Les acteurs sont justes sans trop en faire. Le récit est -j'imagine- respecté, la mise en scène sobre comme il faut.
C'est peut-étre aussi ce qui lui empêchera de devenir un grand chef-d'oeuvre: un tel sujet ne laissait pas tellement de latitude, mais j'espère qu'il sera du moins un succès.

Et puis, un film parlant de l'Allemagne nazie sans se focaliser sur les camps, l'Occupation ou la Resistance, ça change. Voire: ça fait du bien.
Parce qu'aussi flippant que ça puisse paraître, c'est aussi et surtout là que ça se jouait: ces grand dadets en uniformes, politiques et militaires, qui prenaient des décisions aux ampleurs inimaginables.

Et pour le côté sexy de la chose, justement: c'est quoi ces pseudo effets de style avec les regards luisants des jeunes officiers jetés par-ci par-là, Bryan? Comme si le drame devait forcément passer par des larmes naissantes au coin de grands yeux bleus.
Perso, et c'est peut-être un brin choquant comme remarque, mais les grands vestes longues ont suffi à me glamoriser tout ce petit monde. Ça plus la noblesse des décisions de chacun, j'ai trouvé ça très classe.
Publié dans : Ciné
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 14 janvier 2009
Punaise, mais comment n'y ai-je pas pensé moi-même ???

Voici un semblant de traduction du début d'un article bien marrant.
J'ai surtout gardé l'essentiel: à savoir la remarque la plus pertinente faite sur Gossip Girl depuis bien longtemps.
Chapeau bas.

Jarett: Bon, est-ce que je peux te confier quelque chose?
Ryan: Bien sûr
Jarett: Je pense que l'histoire de Chuck Bass se termine par lui devenant Batman
Ryan: Quoi?
Jarett: Gossip Girl est à Batman ce que Smallville est à Superman
Jarett: Réfléchis: Chuck a la voix grâve, son père est décédé et maintenant il a les fonds pour tous ces jouets merveilleux
Ryan: Hahaha
Jarett: Il fait quelques erreurs à ses débuts et va devenir un combattant du crime dans quelques saisons
Ryan: Oh oh oh oh, et est-ce que Nate deviendra Robin?!?!?
Jarett: Hahaha, tu veux juste voir Nate dans le mini-short du jeune héros
Ryan: Même si c'est vrai, tu sembles être sur une piste J
Jarett: Exact! Et encore, Bass Industries = Wayne Enterprises
Ryan: Três bon!
...


Si seulement...
Publié dans : TV
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Mardi 13 janvier 2009
Les bâtonnets sont des petits êtres merveilleux.
Ils nous offrent surprise sur émerveillement, émerveillement sur délectation, et délectation sur crise de foie.
Nan, sans rire, non content de découvrir qu’on n’en a jamais fait le tour, on réalise surtout qu’ils nous en dévoilent bien plus que l’on pouvait s’y attendre sur la culture des mangeurs de sushis.

Cette semaine, intéressons nous aux Pretz Pulin.

Bon, rien de bien folichon au premier abord. Vu le dessin, ils ont l’air d’être au goût "crème caramel" ou un truc du genre ?...
Le goût, justement ? en toute objectivité et sans regarder l’image sur la boîte ?...
Bein pas grand-chose. J’aurais peut-être dit goût "sucre" ou assimilé. Vaguement avec un peu de vanille de synthèse.
Rien d’affolant.

Par contre…

…par contre, ce dessin, justement : il titille ma curiosité.
Ils voulaient désigner quoi, à la base ?
En regardant les écritures japonaises, on lit "pulin" (prononcer "pouline"). Mais ça pourrait aussi se prononcer "pourrine", voire "prine".
Et généralement, vu l’alphabet utilisé, c’est sans doute un mot occidental.

Il faut savoir qu’en japonais, ils n’ont pas certaines syllabes utilisées couramment chez nous. Du coup, ils changent les V en B, les R en L, il n’y a pas de E muet, les remplaçant par des OU… Et autres merveilles du genre.
C’est ainsi que par exemple, le "Boulevard Saint-Michel" se prononce (et c’est véridique, vu sur un plan de Paris "traduit" en japonais…) : bouloubalou saïn’tou mitchéïlou.
Une traduction que l’on peut qualifier de limpide.

Bref.

Donc, le "pulin", qu’était-ce donc ?
Ici démarrait mon enquête.
Et franchement, c’était pas simple : la traduction d’un mot occidentale semblait ne mener à aucune piste, et étonnamment google ne m’amenait pas tellement plus loin.

J’ai vainement tenté de chercher les traductions de "crème aux œufs" ou "crème caramel", sans plus de succès…

J’ai un temps cru que ce parfum n’existait que pour les bâtonnets. Et finalement, j’ai trouvé –sur un site bien pratique–, la recette du Purin (Japanese-style Custard Pudding).
C’était donc ça.
Un vulgaire flan.
Le purin/pulin est un flan.
Ce qui explique au passage pas mal de fausses pistes qui me menaient vers un petit chien : Pulin.

C’est un labrador. Personnage de Sanrio (ceux qui ont commis Hello Kitty).
Avec des grosses joues. De couleur crème et un béret marron sur la tête.
La flagrance ressemblance chromatique/physionomique ayant inspiré son nom à ses créateurs.
C’est malin un Japonais.

Je salive d’avance à l’idée de mon prochain jeu de piste issu des bâtonnets…
Une coutume ancestrale où l’on gobe des Ramen par le nez ? le nom d’un accessoire SM aux vertus mal reconnues à leur juste valeurs ?
A voir peut-être mardi prochain.
Publié dans : Les bâtonnets du mardi
Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
Lundi 12 janvier 2009

Ah bah oui, il fallait bien en parler.
D'ailleurs c'est étonnant qu'on n'ait pas abordé le sujet ici plus tôt.

On parle donc des deux séries ultra-branchouilles pour midinettes (je suis exactement le coeur de cible...) qui cartonnent aux US. Gossip Girl, ou la vie trépidente d'ados perfides et sublimes dans l'UES, et 90210, la suite/resaucée de la série culte d'Aaron Spelling, la vie dramatique d'ados bronzés et pétés de thunes de Beverly Hills.
C'est complètement trop la classe d'y faire un caméo; c'est le succés assuré d'y apparaître 5 secondes pour y jouer sa derniére chanson; c'est ultra-tendance de prêter aux actrices leurs vêtements, qui vous remercieront au passage en montrant bien clairement l'étiquette ou mieux en allant se crêper le chignon devant la vitrine de votre boutique le temps de 10 secondes d'un épisode; c'est la renaissance médiatique et au passage le renflouage du portefeuille pour des stars has-been qui acceptent de finalement signer pour revenir; ce sont les précurseurs des modes les plus pointues ("appelez moi G.")...
Bref, c'est de l'or en bar, de la télé chicos.
Plus superficiel, tu meurs.
Plus mièvre, tu fonds.
J'adore.

Et justement, blogosphère oblige, on va s'intéresser pour ce nouveau numéro des fights à 2 balles aux deux blogs qui apparaissent dans ces séries.
Il y tiennent un rôle assez central - et c'est sans doûte la nouveauté et l'intérêt de la chose.
Le premier, c'est Gossip Girl, qui a donné son nom à la série. C'est le site des potins du coin par excellence. La rubrique des chiens écrasés version french manucures acérées, coucheries diverses et trahisons via photos volées. Il est tenu par la voix-off de la série (Kristen Bell, anciennement délicieuse Verinoca Mars); on se demande si le personnage existe vraiment, si l'un des protagonistes se révèlera en être la rédactrice. Mais c'est surtout par lui que chacun des personnages apprend que son meilleur pote vient de lui planter un couteau dans le dos: en couchant avec son ex ou en portant exactement le même serre-tête.
Et le second, c'est The Vicious Circle, le blog de Silver (qui s'appelle en fait Erin Silver, c'est la demie-soeur de Kelly devenue conseillère d'orientattion du lycée et dont la mère s'était mariée avec le père de David... mais putain faut tout vous dire !?...). Là encore, on parle de ragots: les potins du lycée que tout le monde lit assidûment et par lequel on n'apprend qu'Untel sort avec Machin et que Bidule a été le répété à Truc avant que Schmurtz ne dise à...

En fait, les 2 séries sont diffusées sur the CW, ne se faisant donc pas vraiment de concurrence. Par contre, les producteurs ont dans les 2 cas décidé de mettre en ligne une version "réelle" des 2 blogs, pour que nous, télespectateurs lambda, on puisse se croire un peu plus "dans la série", pour de vrai.
Du coup, un petit fight s'impose...


1er round

Oui, alors parlons du contexte, un peu.
Depuis que Karen m'a offert son autobiographie, je voue une compassion sans bornes à Tori Spelling. On viendrait d'apprendre qu'elle a enfin accepté de signer pour revenir. Sachant qu'ils avaient déjà déterré Jennie Garth et Shannen Doherty. Plus Nate, le Pitch Pitt et Rob Estes en cadeau bonus. Bein moi, ça m'émeut.
C'est un peu comme quand ils avaient collé Mallaury Nattaf et Jordy dans la Ferme: moi, quand on me titille le souvenir d'enfance...
Et d'un autre côté, je ne vais pas me fourvoyer à préférer la West Coast à l'East Coast. Surtout que ce n'est pas n'importe quelle East Coast, c'est mon île: Manhattan mon amour.
Serena prend les mêmes taxis que moi, Jenny mabge les mêmes frozen yogurts que moi, Dan habîte Brooklyn et va bruncher dans les mémes boui-bouis que les miens...
Ouais, là on est dans un vrai cas de conscience.
En même temps, soyons honnête: ils ont bien tenté un petit crépage de chignon entre Kelly et Brenda, mais y'a pas eu de sang, l'engueulade après le "j'ai couché avec ton mec" n'a même pas duré un demi-épisode, et elles sont redevenues super-potes sous prétexte que l'une est à moitié moribonde. Franchement, j'appelle pas ça raviver la flamme, moi.
Et de l'autre côté, le Manhattan de Gossil Girl n'est pas vraiment ma tasse de thé: à part Brooklyn, je ne vais en fait jamais vraiment dans les bars de MeatPacking ou de l'UES, je n'ai encore jamais pris de limo, et surtout: mes copines ne portent pas de serre-têtes.
Du coup, je propose de conclure sur un match nul sur ce round.
On verra s'ils font vraiment clamser cette brunasse de Brenda et on en reparle...


2ème round

Revenons aux blogs, justement.
L'idée de créer de tels blogs "en vrai", c'était quand même de nous plonger dans la série. Découvrir à la fois ce que l'on voit des persos comme étant dit via ces blogs dans chaque épisode, mais aussi de pouvoir apprendre quelques détails secondaires sur ce qui pourrait se passer lorsque nos héros ne sont pas sur notre écran.
Et pour ça, j'avoue que je suis assez décu.
Dans un cas comme dans l'autre.
Pour GG, il y a un certain effort de fait: on nous parle de Jenny trainant pas mal avec Eric et Jonathan, par exemple. Ce sont des persos que l'on n'a pas forcément vus ensemble dans l'épisode précédent: c'est bien, on imagine une vie aux protagonistes en dehors de notre fenêtre hebdomadaire de 40 minutes. Surtout que le surnom Jeric+1 leur est donné. On est tout à fait dans le ragot de fille, dans le gossip à la Perez Hilton, c'est super crédible. Par contre, 2 posts plus tôt, on a un long article de 20 paragraphes qui ressemble bien trop à un résumé du type "précédemment, dans la premiére partie de la saison..."; ça n'a plus rien d'un blog. On n'y croit plus.
Mais surtout, le blog de GG pêche énormément par ses photos. Alors que le principe même du site dans la série est de recevoir des photos prises sur le vif par des portables, ici on retrouve simplement de belles photos extraites de l'épisode. ça n'a rien d'une photo volée; alors que l'effet pourrait être très simple à obtenir et très efficace, ici on perd le fil. On n'est plus que sur le site officiel d'une série. Très mauvais point.
Pour The Vicious Circle, c'est déjà beaucoup mieux: le site ressemble à un vrai blog, il n'y a même pas de réference à 90210 ou the CW à première vue sur le site, en lien on retrouve des sites de vrais groupes "locaux", et il y a même une page Myspace et une galerie Flickr vers les supposées photos de Silver. On sent qu''il s'agit plutôt d'une sélection de photos promotionnelles prises à côté du tournage et qui pourraient s'inscrire le mieux possible dans ce contexte, mais l'effort est certain et le tout assez crédible.
Et surtout les posts tournent assez bien autour des intrigues, tout en ayant un ton qui sonne juste.
Sans casser 3 pattes à un nabaztag, on y croit.
Résultat: The Vicious Circle remporte ce round.


3ème round

Voyons un peu le rôle de chaque blog dans la série.
On sait que Silver s'est faché avec Naomi pour quelquechose qu'elle aurait écrit sur le blog, on apprend quelques rumeurs via celui-ci également, mais rien de bien extra-ordinaire.
Le principal problème est que cette andouille d'Annie a bien trop assagi sa nouvelle copine Silver.
Alors qu'elle paraissait bien plus marginale au départ, il a fallu qu'elle rencontre ces niaiseux provinciaux pour à son tour perdre sa verve et son insolence.
L'idée du blog est plus que louable. Ca s'inscrit complètement dans cette logique d'une remodernisation de Beverly Hills, avec une version sans épaulettes et sans vague dans les cheveux, avec des acteurs qui font bien plus leur age, tout en aillant des problèmes d'adultes (c'est en fait exactement la réalité), mais on a perdu la subversivité que pouvait avoir un tel blog dans un contexte comme celui-ci s'il voulait se montrer réaliste.
Dans GG, le problème ne se pose pas tellement. D'abord la série joue sur une exagération bien plus marquée.
Certes des ados pétés de fric vivant à Mahnattan, ça existe. Certes des filles qui se damneraient pour un sac Vuitton, ça court les rues. Et certes des coucheries dans un sens puis dans l'autre, s'alternant tous les lundis, on a vu ça aussi. Mais la combinaison est poussée ici à l'extrème.
Le tout est over-glamourisé et over-dramatisé. C'est peut-être parce que c'est déjà la deuxième saison, mais la vraisemblance de la chose, on n'y croit plus tellement.
C'est surtout qu'on s'en fout que ce soit des ados allant pour de bon au lycée. Maintenant, on connaît les personnages, on connaît leur histoire. On sait que le super-craquant Nate Archibald est finalement sans grand intérêt: c'est finalement l'ignoble Chuck Bass qui nous a tous conquis depuis bien longtemps. Maintenant on veut que ça fuse, que les traitrises s'enchaînent, les fausses rumeurs, les coups dans le dos...
Et ça, le blog de Gossip Girl s'en charge très bien.
Pas besoin de tellement d'explications: "je l'ai lu sur Gossip Girl". Mais où est passé l'autre grognasse? Y'a qu'à chercher dans les "Spotted" de GG, c'est encore mieux que le GPS.
Le blog est très bien intégré à la série, en faisant presque un personnage secondaire. En tout cas, c'est une des clés de sa dynamique.
Et pour le coup, Gossip Girl remporte donc ce 3ème round.


Au final on obtient donc une égalité, et c'est très bien comme ça.
Sachant que chacun repart avec un sacré bémol. On est assez loin du marketing viral et paralléle de Lost ou Heroes.
Mais en même temps, bloggeur, c'est un métier, c'est pas moi qui vais vous l'apprendre...

xoxo
GG

Publié dans : Les fights à 2 balles
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus