Mardi 7 avril 2009

Allez hop, fini le suspense.
Tu vas pouvoir respirer, lecteur.

Je récapitule pour les retardataires : pour le 1er avril je te donnais 6 vérités sur moi que tu ignorais ; parmi elle, l'une était un poisson d'avril. Le jeu consistait à trouver laquelle.
Si tu as encore envie de jouer, tout n'est pas trop tard.


1/ J'ai déjà vomi dans un Mirage 2000 (deux fois).
2/ Petit, je suis passé à travers le pare-brise d'une voiture, sans aucune égratignure.
3/ J'avais attrapé TOUS les Pokemon (soit les 151) de la première version du jeu sur Gameboy.
4/ Je me suis brisé les dents de devant au moins 6 fois (après, j'ai arrêté de compter...)
5/ Je connais par cœur les 52 premières décimales de Pi.
6/ J'ai déjà eu John Woo au téléphone.


Revenons sur tout ça point par point.


1/ Tu le sais peut-être, j'ai fait une grande école (avec des morceaux de bicorne dedans...), donc un pseudo service militaire pendant un an. J'avais choisi l'armée de l'air, et tout privilégiés que nous étions, nous avons eu la chance de faire un vol en avion de chasse. C'était absolument génial. Si ce n'est que j'ai vomi tout le long du vol (donc au moins 2 fois). Tout ceci était vrai, et malgré tout un excellent souvenir.
2/ Encore une vérité. Un camion a déboulé, ma mère a pillé, je n'avais pas ma ceinture et ai atterri dans le pare-brise qui s'est étoilé sur toute la longueur comme une immense toile d'araignée. Aucune plaie sur le moment, et après une visite à l'hôpital, verdict : une simple bosse. (J'ai le front TRÈS solide.)
3/ Mais bien sûr que je les ai tous attrapés !!! Même Mew. Même Mewtwo.
J'ai fait des échanges, des start-select-A-B-gauche-droite et autres pitreries décrites dans les "trucs et astuces" du net, pour finalement avoir la collection complète. (Ce qui, en toute objectivité ne sert absolument à rien car on finit le jeu bien avant ça).
4/ Je me suis pété l'incisive gauche du haut une première fois étant tout petit. Puis une fois qu'elle avait repoussé, à nouveau en touchant le fond d'une piscine au cours d'un plongeon malheureux. Le truc c'est qu'on vous répare ça avec de la résine qui tenait pas des masses. Du coup, le moindre choc faisait tomber la "prothèse" : je me suis pris une porte, ai chuté en patins, croqué dans une pomme, mordillé un stylo... Et puis, un beau jour (ou peut-être une nuit), ça tient. Là, ça fait près de 10 ans que la résine est restée en place.
5/ Je ne connais que les 5 premières décimales de Pi. Voilà le poisson. Pas grand-chose à dire d'autres que ma vie est remplie de choses inutiles, mais pas encore celle-ci...
6/ John Woo travaille au 8ème étage de mon building. Il bosse sur les produits de crédit. Pas très bavard, mais plutôt sympa.

Comme la dernière fois, beaucoup sont passés à côté du plus plausible.
En tout cas, c'était très rigolo...

Publié dans : Tranches de vie
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Lundi 6 avril 2009

Tu me connais, lecteur, tu sais que je ne suis au fond qu'un grand gamin.
Tu sais qu'on peut m'attraper sans souci en n'utilisant simplement qu'une énorme tapette à souris géante sur laquelle on aurait disposé un paquet de nounours à la guimauve.
Tu te doutes que dans mes rêves, je parle tous les soirs à Bob l'Eponge, à Sailor Moon et à Peter Parker.

Du coup, quand je reçois une invitation pour une soirée "déguisée", tu imagines bien que je saute au plafond. Je fais des roulés-boulés, j'ai les yeux qui pleurent, les dents qui claquent et les oreilles qui commencent à fumer. Et c'est avec une émotion très peu contenue que je regarde le thème de ladite soirée : cabinet de curiosité.
Là où tous ceux à qui je me suis adressé pour leur demander des conseils me disaient "mouais...", "ah bon ? c'est bizarre comme thème...", "mais ça veut dire quoi ?..." et autres, moi je répondais "rooooh, mais si, c'est trop bien !".

L'invitation venait d'une copine de copine de copain. Croisée au cours d'une soirée. On se connaissait peu mais on s'était bien marré au cours de notre première rencontre.
J'étais ravi qu'elle m'ait inclus dans la liste des invités.

Le reste du message disait : "On te veut bizaaaaaaarre... On te veut étraaaaaannnnnge... On te veut chelou... On te veut curieux... On te veut absurde... On te veut intergalactique... On te veut apocalyptique... (now !)".

Je vous passe mes interrogations existentielles de la semaine sur le costume que j'allais porter ("nan, mais en même temps je vais connaître quasiment personne... et si personne ne joue le jeu ?... de toute façon, moi ça me fait marrer, je veux faire ça bien, et puis  je m'en fous je les reverrai sans doute jamais..."), sans parler des débats profonds sur la nature du déguisement ("mais je ne veux pas être trop littéral : je ne vais pas venir en Superman ou Bugs Bunny, il faut venir en freak : un mec que tu pourrais croiser "dans la vraie vie", mais que tu trouverais effectivement super bizarre...").
Bref, je m'étais décidé pour le gothique (après une grosse hésitation sur le fan absolu de Johnny).

Du coup, ça a donné ça :
On passera sur le commentaire récurrent des personnes qui me connaissent très bien et qui ont vu la photo : "ah mais on ne te reconnait pas du tout".
Tel un Samson du XXIème siècle, si je ne suis plus rouquin, je perds mon mojo.
Soit.

Le truc drôle, c'était de voir les autres costumes.
Pour info, la demoiselle bosse dans la mode. Du coup, la soirée était remplie de modeux. Mais si, vous savez, des gens qui portent des jeans slim jaunes, des tatouages "Frida Kahlo" ou encore la moustache.

Du coup, le modeux qui se déguise en curiosité, bein ça va chercher bien loin. On a eu le mec en armure d'aluminium avec les seins qui pointent (inspiration JPG pour Madonna...), la construction asymétrique (coupe banane sur le côté, maquillage "décalé", robe déséquilibrée...), l'inspiration aviaire (énorme col en plumes de coqs, nid sur la tête, et petits œufs dans les cheveux...), et cætera, et cætera...
Le plus troublant, tout de même, c'est de poser la question : "a priori, pour une soirée comme ça, tu essaies d'utiliser au maximum des fringues que tu as déjà, non ? tu crois que le mec, là-bas, avec son jean léopard...".

Il est comme ça, le modeux, il anticipe. Il le sait que la soirée "cabinet de curiosité" tombera dans les semaines à venir (juste entre la soirée "John Waters" et la soirée "animal à écailles"). Et si ce n'est pas pour cette année, ce sera pour l'an prochain. Du coup, quand il tombe sur un chapeau en cuir de python rose, clouté avec des petites étoiles dorées, il l'achète et il le garde précieusement. Voire il le porte pour aller au taff.

Mais le modeux a tout de même un problème majeur.
Le modeux a profondément le cul entre deux chaises. Le modeux est un bobo extrême. Il adôôôre décorer son appart avec des "meubles" (on insistera sur les guillemets) récupérés dans la rue. Il trouve ça fabuleux de se déplacer en vélo, de boire du Champagne dans des gobelets en plastique Hello Kitty, et te regarde avec des yeux comme des rouleaux de réglisse quand tu lui dis que tu bosses dans la finance.
Pourtant, lui, le modeux, est soit au chômage en train de lancer son propre business, soit en train de bosser pour YSL. Et rêve réciproquement de passer de l'un à l'autre.

Là où tu te rends compte que le modeux est une personne comme les autres. Attachante, avec des petits morceaux d'émotion à l'intérieur. Finalement, comme toi, qu'il n'est que la somme de ses souvenirs passés et de ses aspirations futures. Un être humain ordinaire qui picole, rigole, papotte et fais des blagues pas drôles.
C'est que le modeux, lorsqu'il organise une soirée d'anniversaire, avec tout plein de gens barrés à l'intérieur, bein il fait comme tout le monde et il met sur le buffet un grand saladier rempli de fraises Tagada.
J'en ai presque fait couler mon rimmel.

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Mercredi 1 avril 2009

Il y a 2 ans maintenant, je lançai à l'occasion du premier avril un petit jeu.
C'était la belle époque des articles "chaîne" sur les blogs: les 5 derniers livres que j'ai lus, ma vidéothèque idéale en 25 affiches de films, les 4 choses essentielles que je ne vous ai jamais dites, j'en passe et des meilleurs…

Du coup, j'avais adapté le principe à la date, en donnant 6 vérités sur moi ignorées de mes lecteurs, dont l'une était un poisson d'avril. Si vous ne figuriez pas parmi les joueurs de l'époque, allez faire un tour ici (puis la réponse: ).

Cette année, je remets le couvert, avec 6 nouvelles vérités (dont une fausse).
A vous de deviner.

1/ J'ai déjà vomi dans un Mirage 2000 (deux fois).
2/ Petit, je suis passé à travers le pare-brise d'une voiture, sans aucune égratignure.
3/ J'avais attrapé TOUS les Pokemon (soit les 151) de la première version du jeu sur Gameboy.
4/ Je me suis brisé les dents de devant au moins 6 fois (après, j'ai arrêté de compter…)
5/ Je connais par cœur les 52 premières décimales de Pi.
6/ J'ai déjà eu John Woo au téléphone.

Voilà, faites vous plaisir. La réponse bientôt…

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Mardi 31 mars 2009

Perso, une image comme celle-ci, ça me fait mouiller dans ma culotte, ça me rend tout chose, ça me file des frissons, vous avez pas idée...
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Lundi 30 mars 2009

Etrange surprise que mon déjeuner.
Cédant à l'appel des sirènes fastfoodiennes, je me suis laissé attirer jusqu'au McDo le plus proche. Là, une naïade à la coiffe aux doubles arcs d'or m'a demander quels étaient mes désirs. Comment combler mes papilles et mon palais. Elle me proposait plusieurs de ses secrets pour m'évader de mon quotidien le temps de quelques minutes.

Mon choix s'est porté sur un menu Royal Deluxe. L'ambroisie des plus grands, comme son nom l'indique. Mais ma gourmandise m'a aussi poussé à me laisser tenter par un petit poivre.
Ce doux nom avait su éveiller ma curiosité lorsque je contemplai ces grandes fresques le matin même; ces saisissantes images immenses qui captivent votre œil en une accroche, à l'aube, tout juste sorti de votre réveil, sur le quai du RER.

Que le charme fut efficace. Je ne sais pas si c'était la simplicité du paysage, ou bien le silence réconfortant de mon voisin, mais ce petit repas de joie m'a conquis. Autant dire que la viande est presque évanescente (sérieux, on ne sent même pas qu'il y a un steak !?...), mais le goût du poivre est délicat, venant délicatement relever le parfum de la tomate. Et oui, étrangement, de tous ces artifices, c'est du simple goût de la tomate que l'on profite le plus.

De la même façon, je me suis étonné de la saveur des potatoes. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elles défloraient mes lèvres, mais je ne leur avais jamais connu, jusqu'alors, un goût aussi authentique. Eh oui, étonnamment, elles avaient un véritable goût de pomme de terre. Notre clown restaurateur des Amériques se serait-il finalement décidé à s'éloigner du côté obscur ? Aurait-il compris que la séduction ne peut pas être entièrement faite d'artifice ? Parfois, quelques choses simples et délicates peuvent tout changer.

Rassurons nous, le coca avait toujours un goût de flotte, le papier sur le plateau était bien évidemment couvert de gras une fois les burgers mangés, la salade n'en a que le nom, le steak –comme je le disais– était inexistant et fade comme un morceau de carton comestible. Faut pas déconner, non plus.
Mais effectivement, en dehors du petit pain sympathique, le petit poivre a plutôt bon goût, faisant ressortir le goût de la tomate. C'est suffisamment étrange pour être noté. Et idem, les patates avaient un vrai goût de patate.
Y aurait-il un potager caché derrière la Défense ?

Publié dans : Happy meals
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Lundi 30 mars 2009

Finalement, Gran Torino n'est qu'une énorme pub pour la PBR*.

Ils sont comme ça chez PBR: leurs clients ce sont des mecs comme toi et moi. Des mecs simples, qui prennent une binouze sous leur porche, assis dans un rocking-chair, une clope au bec. Mais avec un peu de caractère, le mec, quand même. C'est pas parce qu'on a des plaisirs simples qu'on devient transparent.

Le mec avec des principes. Le mec qu'il faut pas trop faire chier, mais qui a bon cœur, au fond.
Du coup, dans la pub, ils ont voulu montrer le pont entre les générations. C'est pas que ça marche à tous les coups, mais parfois c'est possible. Grâce à une bonne bière, justement.
Ça lie l'amitié.
Allez, fais pas ton relou, viens prendre une bière.
Et justement, on n'est pas ultra-sectaire, chez PBR: si je viens chez toi pour prendre une fraîche et que c'est pas de la PBR, c'est pas grave, je la bois quand même (en même temps, pour ce que je manque...), je t'inviterai le prochain coup à en prendre une chez moi. Autour d'un barbec'. De la bonne bouffe. Simple, classique, efficace. Elle aussi.

En plus, ils sont forts chez PBR: dans le film ils rejettent le vice sur la clope.
Ah, pas bien, la clope.
Tu peux bien t'enfiler 2 packs de PBR dans la journée, c'est pas bien méchant, par contre, faut que t'arrêtes de cloper, ça va finir par te tuer.
Pareil, au passage, aller faire ses courses avec son fusil dans la voiture, pas de souci.
De la bonne vieille valeur américaine.

Du républicain sympathique. Un putain de mauvais caractère (ça compense avec la bière...), un racisme assumé mais sympathique, un sens de l'honneur gros comme ça, et puis au fond un truc un peu bizarre qu'on a du mal à laisser sortir, genre de la gentillesse.

Grâce à cette pub, avec un steak ou des rouleaux de printemps, avec mes potes ou tout seul avec mon chien, après la messe ou pendant une pause sur le chantier, moi ça m'a surtout donné envie de m'ouvrir une petite canette bien fraîche.



*PBR: Pabst Blue Ribbon, bière cheap américaine, symbole beauf s'il en est; vendue principalement en canettes, serait vaguement l'équivalent de la Kro...

Publié dans : Ciné
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Mardi 24 mars 2009

Quand le sucre est tombé choqué le café renversé
Je sentais bien que la journée était mal commencée

Pourtant, ce brave chanteur de RER serbo-moldave qui interprétait Venus des Bananarama et Hallelujah de Jeff Buckley avec sa guitare manouche et son roulage de R qui fleurait bon la vodka fraîche, m'avait mis de bonne humeur. De quoi commencer la journée avec le sourire.
RER qui n'a justement pas eu de retard ce matin. Un peu de monde mais pas trop. Un voisin charmant. Tout ceci était trop beau pour durer.
Je sors de la gare, du coup, un peu en avance. Je me dis que j'ai bien 5 minutes à perdre pour aller acheter un petit truc à grignoter.

Et là c'est le drame.
Le moment où tout bascule.
La journée pourtant si prometteuse ne se remettra jamais de cet incident.

Dans cet antre d'apothicaire qu'est le Daily Monop', se succèdent des rayonnages remplis des plus improbables produits de sorcellerie. Des yaourts aux fruits inconnus dont l'image sur le pot vous laisse plus que circonspect: puis-je faire confiance à une prune d'Amazonie donc la peau est entièrement recouverte de long poils violacés ? Et surtout, est-ce bien compatible avec du bifidus actif enrichi en pro-vitamine B23 ? Ces chips à la farine de tapioca noires à pois verts ne déséquilibreront-ils pas mon régime sans gluten ? ou bien ferai-je, par ces quelques grignotis, la découverte malheureuse de son cousin malgache jusque là inconnu: le glutaminae tapiocaverde ?
C'est pourtant en total inconscient que j'ai donc acheté une petite bouteille d'eau dans cette boutique maléfique.
Mais quelle bouteille d'eau ?...
Une bouteille d'eau pour snobinard, tiens.
Aromatisée, oui, mais hors de question que ce soit au prix de calories bannies comme un point noir sur le nez d'une Miss France. La solution ? Les eaux herbales... De l'eau de source dans laquelle on a fait infusé des plantes. Seul le parfum est transmis. Pas toutes ces immondes tonnes de sucre qui pullulent, comme chacun sait, dans les feuilles de menthe.
Après une hésitation cornélienne devant les myriades de bouteilles, j'ai donc choisi celle-ci: Herbal Water - Ginseng with Melon & Cucumber, par Britannia.
Et c'est juste immonde.
3 calories, certes, mais un parfum atrocement fort mélangeant très disgracieusement le melon et le concombre.

Comme j'ai bien évidemment payé ma petite bouteille d'eau 459 euros, je vais consciencieusement la finir en m'asseyant joyeusement sur mon orgueil et mes papilles. J'ai encore un léger espoir que ce soit très bon pour le transit intestinal, mais je n'ose plus m'avancer: cette douloureuse expérience a ruiné toutes mes ambitions de la journée. Je suis affadit. Vidé.
Le seul espoir qui me fait envisager le bout du tunnel est un coca light qui viendrait colmater tout ça, mais là encore, aurais-je le courage de quitter ma chaise pour aller jusqu'à la machine ?...

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Lundi 23 mars 2009

Qu'importe la quantité, pourvu qu'on ait la qualité ? Une expo ne se juge pas au nombre d'œuvres présentées ? Chez Colette, non; à la Monnaie de Paris, si.

Faire la queue une heure pour pouvoir voir l'expo David Lachapelle, pourquoi pas. Il faisait beau, on avait de la compagnie pour discuter. Aucun souci. Finalement, les pièces ne sont pas très adaptées à la circulation des visiteurs, mais les œuvres sont au rendez-vous. David, tu déchires, le propos est là, la décadence avec. Le kitsch, l'éclat, l'humour, la star-attitude...
Quatre ou cinq salles, et puis hop. C'est fini. Bon...
Sauf qu'après ça, il y a la boutique. Et là: the boutik killed the night: des présentoirs avec des centaines de cartes postales de l'artiste. De la popstar glamour qui pose à t'en faire te lécher les babines. Des tripotés de photos absentes de l'expo. Ça laisse quand même un énorme tube de péloche en travers de la gorge.
Dommage.

Par contre, chez Colette, l'expo Barbie est juste comme il faut. (Tout d'abord, on est accueilli par un blondinet plus bombasse que la plus bombasse de tes copines, il faut le dire: ça joue...)
Une dizaine de photos de Lagerfeld mettant Barbie au bras d'un vrai garçon (maquillé comme une voiture volée, lui aussi, mais passons); là encore le glamour scintille. C'est amusant. Efficace.
Plus bas, un corner avec des produits dérivés. Branchés, chers. Ou pas. Roses. Pour sûr. Marrant.
Un petit moment gratuit très sympatoche pour rosir un petit coin de sa tête.

Pour finir, l'expo Calder à Beaubourg. Le bon goût de ne se focaliser que sur les années parisiennes. Là où la mutation a eu lieu. Un début figuratif très enfantin. Mais pas de l'enfantin puéril. Non, de l'enfantin candide, et ça c'est tellement mieux. Des jouets, des marionnettes, des poupées, et un univers qui glissera tout joliment vers des sculptures en fils de fer, puis vers l'abstraction.
Pour toucher juste, encore, l'habituelle logorrhée de textes poncifs est laissée de côté pour des articles de l'époque. Déjà, il faisait parler de lui. Finalement, c'est un hommage qui replace à sa très juste valeur l'humilité de l'artiste.
Pour finir, on conclura notre visite par un passage par la rétrospective sur le vide. Juste un délice.
Finalement peut-être mon art préféré: trouver tant de choses à dire sur vraiment pas grand-chose.

Après tout, les poupées les plus difformes ne sont pas forcément celles qu'on croit. Amanda Lepore pourrait bien renvoyer Barbie au placard. Des formes qui méritent bien d'être immortalisées. Sur papier glacé, mais aussi en mouvements, selon Calder. N'en déplaise à Mondrian.
Le grand plus de ces trois expos est de ne pas trop se prendre au sérieux. On est chic, on est parisien et on s'y croit mais on arrive à en sourire.

Publié dans : Tranches de vie
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