Il y a
environ 2 ans de ça.
Extraits d'une conversation banale avec Karen, française, expatriée aux US depuis plus de 8 ans:
"- et bla bla bla ... et bla bla bla ... et bla ... et bla bla bla ... un ancien candidat de la Star Academy.
- de la quoi ?
- bein de la Star Academy, tu connais pas la Star Academy ???
- jamais entendu parler."
Putain, c'est pas Hugo ou Gergovie, mais ça fait partie de la culture française, non ? Au moins la culture pop.
Ca m'a fait tout chose qu'elle aie pû passer à côté d'un truc pareil.
En 2 ans et demi, en France, ils ont eu le temps d'inventer: la TNT, la Tecktonik... et le Vélib'.
Y'a pas à dire, c'est une boîte sympa, le Stade de France...
Bon, l'entrée est un peu chère, c'est vrai.
Et je sais pas trop s'qu'il avait, mais le DJ ne faisait que passer du Bob Sinclar et du Madonna.
En même temps, c'était de la bonne musique, donc on lui pardonne.
Tout un bordel, à l'entrée: j'ai jamais vu autant de videurs. Et puis pas bien causants, en plus.
Le truc cool, c'est qu'il y a plusieurs entrées, donc on met pas trop longtemps à rentrer. Ca, c'est de la discothèque organisée.
Bon, et puis, y'avait un peu de monde au bar; surtout pas des masses de choix.
Mais par contre, ô grand par contre, ils ont pas lésiné sur l'éclairage.
Ouaip', ça plus la sono, ça dépotait pas mal.
Les gens étaient pas méga-chauds pour danser mais nous on s'est démené comme des beaux diables.
Les meilleurs moments: Like a Prayer, ou encore les reprises de vieux tubes (Vogue, Music, Hung Up ou la Isla Bonita sur des arrangements sympatoches), mais aussi Like a Prayer, et puis le clin d'oeil marrant : "it's Britney, bitch!", sans oublier Like a Prayer, et les "solos" guitare sur Borderline ou Ray of Light, mais encore Like a Prayer...
'Tain, on n’est pas passé loin…
Un peu plus et ma future nouvelle vocation passait à la trappe.
Je vous explique.
Depuis quelques semaines a démarré une nouvelle émission de télé-réalité sur VH1 : I love Money.
On se souvient de tous ces shows célébrant nos néo-bachelors : Flavor Flav’ dans Flavor of Love, Brett Michaels dans Rock of Love ou la plantureuse NewYork dans I Love
NewYork (voir article là).
C’était que du bon goût, de la passion, de l’amour… et de la bonne trash-tv où alternaient roulages de galoches monstrueuses et pétages de dents.
Au final, on n’était pas tellement dupe: tout le monde était là pour la "gloire", et les petits billets.
Du coup, VH1 a décidé de cesser l’hypocrisie et d’aller droit au but: on prend les mêmes et on recommence. Un florilège des meilleurs candidats des anciens shows qui clament ici leur amour pour…
la thune.
Comme ça, c’est fait.
Des combats dans la boue, de la dégustation de testicules de porc et du crêpage de chignon pour… non plus des gros seins siliconés ou une pendule en plastique bling-bling, mais simplement des
petits billets verts.
En même temps, c’est drôle parce que c’est mixte. Parce qu’ils sont encore plus cons. Parce que ça flatte mon ego de savoir que Machin avait justement fait une crasse à Bidule dans la première
saison, et que du coup, c’est d’autant plus ironique que maintenant ils se retrouvent dans la même équipe pour…
Bref, c’est con mais c’est drôle.
Et là, alors que je m’attendais juste à voir du bikini voler et du "mother f#%$" valser, j’ai eu la révélation.
L’enjeu du programme est un chèque de 250,000$. Et l’animateur de demander aux candidats: que feriez-vous, avec une telle somme ?
Nibblz (remarquez au passage la finesse du surnom…), ex-candidate de Flavor of Love 2, commence par nous répondre: "étant Dominatrix professionnelle, je crois que j’investirai pour
me payer mon propre donjon". (Pour ceux qu’ont pas tout compris, cherchez dans un dictionnaire adapté, vous verrez, ça vaut le coup…)
On a ensuite eu droit à des classiques "j’aiderai mes parents", "je m’achèterai une voiture", "je règlerai mes dettes", "je me paierai une nouvelle paire de
seins" ou "je chercherai enfin un appart à moi" (oui, Entertainer a 36 ans et habite toujours dans le sous-sol de chez ses parents…), sans grande originalité.
Attention, la révélation arrive, mais j’entretiens le suspense.
Enchaine ensuite Midget Mac (le charmant nain de I Love NewYork 2; ça valait le coup de le faire revenir, lui…) : "sur ces 250,000 dollars, 200,000 iront à mes parents… et 50,000
iront a des strip-teaseuses !" (sic !)
Mais enfin, et c’est là que là télé-réalité a été sur le point de changer ma vie.
C’est au tour de Megan de parler.
Megan est blonde. Littéralement et physiquement. Avec les gros seins qui vont avec.
Megan avait d’abord gagné Beauty and the Geek –saison 3– (juste le meilleur show télé du monde où l’on associe des bimbos à des boutonneux à lunettes pour leur apprendre à sortir de leur
carapace et aller au-delà des préjugés. Superbe.), puis elle était devenue candidate à Rock of Love 2, où elle tenta de briller une nouvelle fois pour conquérir le cœur de notre rockeur.
Elle a été éliminée à l’épisode 9, mais les producteurs n’ont pas manqué de remarquer son charisme, pour la rappeler dans ce nouveau show…
Et Megan nous apprend donc, qu’avec des 250,000$, elle compte fonder une fondation caritative, pour aider… les chiens trisomiques.
Oui, elle est comme ça, Megan, elle en a dans le pantalon et elle n’a pas peur de donner un sens à ce monde: elle est elle-même propriétaire d’un chihuahua attardé (un œil qui regarde à gauche,
un œil qui regarde à droite, et la langue qui pend en permanence…) et prévoit de dénoncer ce fléau: on ne parle pas assez des chiens attardés. Et telle une Jeanne d’Arc des temps modernes, elle a
décidé d’aller défendre leur cause.
Perso, une telle dévotion, ça m’a touché.
Du coup, c’est décidé, si elle gagne les 250,000$. Je quitte mon job pour la retrouver et créer la fondation avec elle.
Ah oui, au passage, une remarque savoureuse d’une autre blonde aux gros seins du jeu: "ah, enfin quelqu’un qui a décidé d’utiliser cet argent pour faire quelques chose de bien…" (ou de
l’ironie très très très subtile…)
En même temps, c’est pas gagné pour Megan.
Première épreuve: rentrer dans un cage de verre avec plein de billets au sol. Une fois dans la cage, une soufflerie se met en marche, faisant voler les billets dans tous les sens. Il faut en
attraper le plus possible au vol, en les coinçant dans son bikini.
Règle évidente et bien explicitée du jeu: on n’a pas le droit de se baisser et de ramasser les billets au sol.
D’oh !
Megan rentre donc dans la cage la première.
Au coup de sifflet, la soufflerie se met en marche et les billets virevoltent.
Il n’aura pas fallu un quart de seconde à Megan pour se baisser… et ramasser une poignée de billets au sol.
Bam ! éliminée, la blonde.
De là, elle sort avec un sourire bêta: sans commentaire.
Ils vont pas être faciles à décrocher, les 250,000$...
En même temps, quand on voit la concurrence…
Juste après Megan, c’est l’autre Blonde qui rentre (celle précédemment impressionnée par les idéaux de notre amie). On lui dit bien "faut pas ramasser les billets par terre", et elle
vient d’ailleurs de voir de visu sa copine se faire éjecter justement pour ça.
Notre grognasse rentre dans la cage. Coup de sifflet. 20 millisecondes et bam ! elle se baisse pour ramasser des billets.
Eliminée.
Ce qu’elle commentera ensuite par un "je ne pensais pas que le sol était à ce niveau… "
Ca explique beaucoup de choses…
Bon, vous avez saisi le principe; Megan est ma nouvelle idole du moment. Et je la soutiens à 200%, car ma future carrière repose entre ses seins.
Et pas plus tard qu’au dernier épisode, elle se retrouve parmi les 3 nominés de la semaine, à 2 doigts de se faire éliminer.
Au final, une histoire de coucherie lui sauvera la peau, mais c’est pas passé loin.
Je vous tiendrai au courant, et en attendant on peut déjà commencer un peu le boulot : si vous pouviez me trouver des contacts avec d’autres gens possédant des chiens attardés, ça me ferait bien
plaisir…
Bon, va falloir en liquider combien, des acteurs mignons, pour nous re-pondre un blockbuster digne de ce nom?
Nan, parce que soyons honnête: oui, ils se sont fait des c*** en or. Avec une promo massive, certes, mais relativement respectueuse (on peut leur reconnaître au moins ça…). Mais surtout, le film
est largement à la hauteur.
Le Joker est juste génial, Pile-ou-face se défend pas mal (en même temps, tu m’excuseras, Tommy Lee, mais c’était pas bien compliqué de faire mieux que le précédent…), y’a de la bonne intrigue,
des rebondissements toussa toussa…
Par contre, rendons aussi à César ce qui revient à César: Christian Bale en Batman est parfait. Qu’on se le dise. Le physique, le caractère (un brin Tony Stark-esque, mais bon…), le costume… ça
le fait grave.
Mais bon, bien sûr, le point crucial du film, c’est notre cher Heath…
Malgré l’invraisemblance de la chose, on se mettrait presque à croire ces théories affirmant que le personnage a déteint sur lui, le poussant lentement mais sûrement vers sa psychose
médicamenteuse.
En tout cas, je ne sais pas s’il va falloir nous liquider un Jake Gyllenhaal pour enfin avoir un bon Superman, nous zigouiller un Ethan Hawke pour un Tarzan aux petits oignons ou nous plastiquer
un Mark Walberg pour un Surfeur d’Argent qui envoie du steak…
Mais moi, vous pouvez me décimer toute la nouvelle clique d’Hollywood si a vous chante, tant que ça donne de bons films comme ça, j’en redemande. Surtout qu’apparemment, ça fait péter les
caisses, alors tout le monde est content (à quelques détails près…).
Sans dévoiler l’intrigue, arguons que toute l’essence du film, et même du comic book est résumé dans cette simple phrase, prononcée à Batman par le Joker: "You complete me".
De la poule ou l’œuf.
Grosse thèse des dernières versions plus sombres et plus psychologiques: y aurait-il un Joker s’il n’y avait pas de Batman ?
Le Joker affirme qu’un petit incident pousse de suite au chaos, dans notre société grise et dépressive. La mise œuvre est parfaite. Jeu du prisonnier grandeur nature à l’appui.
Un Vilain méchant, c’est bien, mais voilà quoi… Un Vilain fou, ça, ça fait peur !!!
Et rien de tel pour nous effrayer que le dilemme. Finalement, on n’est jamais que son pire ennemi, et le Joker est délicieux à se réjouir de ce vicieux travers.
Vous l’aurez compris, ne jouez pas les cyniques amers du battage commercial : ce film vaut vraiment le coup. On passe vraiment un bon moment.
Et puis, au fond:
"Pourquoi être aussi sérieux ?"