Vendredi 30 juin 2006

Dans ce coin de la France appelé Province, il n'y a rien. Ou presque.

Dans une région chaude et reculée de ce grand désert, vers le Sud, vit un petit peuple.

Ils sont facilement reconnaissables. Accoutrés de costumes locaux: des pantalons qui ne descendent que jusqu'aux genous; des chapeaux ridicules à visière, blanc et turquoise, avec une sorte de symbole ésotérique proche de nos lettres modernes, on croirait lire O et M, entrelacés; et des chaussures se résumant à une simple semelle avec une lanière de plastique aggripant celle-ci aux orteils.

Ils ont un dialecte semblant proche du notre, mélange de chants d'oiseaux, de noms d'oiseaux, et de parisien, pardon de français. Ils utilisent parfois des expressions que les plus grands spécialistes cherchent encore à décrypter: cagole, s'engatzer, lou capéo... Une chose pratique avec ces gentils hommes: pas de soucis d'orthographe avec leur vocabulaire, cette notion paraît ne pas encore faire partie de leur culture...

Ils s'abreuvent d'une boisson ma foi fort sympathique: une sorte de sirop alcolisé à base d'anis... Pourquoi en ornent-ils les bouteilles d'un étrange "51" ? Cela reste encore un mystère...

Malgré une certaine tendance à s'emporter pour un rien, et un profond penchant à l'exagération, ces braves gens sont très accueillants; ils seront ravis de vous faire découvrir leur jeu local, version simplifiée du tarot à 4, où l'on a enlevé les cartes d'atout (celà devait faire trop de cartes à porter à la fois...), et où l'on paie des coups si l'on perd trop rudement (eh oui, l'alcool semble être une valeur dominante).

J'ai pu cotoyer un petit groupe de specimens égarés jusqu'à notre belle capitale pendant près d'un an. Ils m'ont l'air tout à fait inoffensifs.

Voire attachants.

 

 

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Mercredi 28 juin 2006

Etrange journée, aujourd'hui: j'ai accompagné mes parents rendre visite à mon grand-père, à La Charité-sur-Loire.

Levé à l'aube (9h), je suis parti un peu la tête dans le pâté...

Du coup, j'ai oublié mon portable à la maison.

Et donc, une journée entière sans téléphone... L'étrange sensation qu'il vous manque quelquechose de parfaitement non-essentiel... Pas de texto pour raconter les petits riens de la journée qu'on a envie de partager avec ses amis, impossible d'appeler ses potes pour aller boire un verre ce soir et profiter des derniers rayons du soleil, et cette frustration latente que l'on va manquer des appels super-importants.

Et en fait, pas du tout: de retour à la maison, 2 appels en absence et 2 textos, rien de vital.

J'avoue même que ce pour quoi il m'a le plus manqué, c'était pour regarder l'heure. Du coup, on m'a pris pour un voleur à la tire lorsque j'ai voulu regarder l'heure sur le tableau de bord d'une pauvre Clio, à Nevers, collé à la vitre...

Mon après-midi s'est fini dans le train où j'ai à moitié lu, à moitié dormi, à moitié écouté mon i-pod (oui, je sais, ça fait 3 moitiés, quand je vous dis que cette journée était étrange!) Puis retour à la maison où je suis de nouveau tout seul, mes parents étant partis. J'ai comme un petit goût de "pas complètement fini, pas complètement commencé", aujourd'hui, c'est très bizarre...

Comme si j'avais fumé un truc bien space mais qui fait planer petit à petit, toute la journée durant...

Cool!

D'ailleurs, la bonnefemme en face de moi dans le compartiment a du se douter de quelquechose, vu le drôle d'air avec lequel elle m'a dévisagé tout le long du voyage. (Au cours de je-ne-sais-plus quelle moitié, je faisais un peu semblant de dormir parce que j'avais remarqué son petit manège, alors j'entrouvrais discrètement les yeux pour voir qu'elle me regardait, sans qu'elle ne voit que je voyais qu'elle me voyait...) Douce sensation d'être un espion, aussi, dans cette étrange journée...

Enfin voilà, une journée en demi-teinte, à planer un peu plus que d'habitude, tout ça pour un téléphone oublié...

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Mercredi 28 juin 2006


Finalement, avec un peu plus d'un litre de bière dans le sang, ça peut être marrant, le foot...

Ou alors, ce serait parce que les joueurs ont bien joué ?....

Noooonnnnn !!! Faut pas pousser, quand même.

A retenir, donc: samedi, barbecue prévu chez mon cousin, pour regarder le match entre potes. Il s'occupe de la nourriture, nous on apporte à boire.

Me prévoir un petit pack perso à engloutir discrètement avant de vivre mon quart d'heure de Beauf's Life.

Je crois que le pire, dans tout ça, c'est que j'y prendrais goût...

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Lundi 26 juin 2006

Eh eh, je viens de regarder les statistiques, et je ne sais pas d'où ils sortent, mais je compte mes lecteurs par douzaine, ces jours derniers...

Justement les jours où je ne mettais plus d'articles. Bref.

Enfin, je voulais juste ajouter une précision: depuis le début, dans la catégorie "tranches de vie", j'ai essayé de garder une constante dans les titres... Pour les plus curieux, essayez de trouver le leitmotiv avant que je ne le dévoile...

En fait, mon nom de famille est Gatteau, et j'ai donc eu droit depuis ma plus tendre et traumatisante enfance à tout un tas de jeux de mots sur mon nom. Tant et si bien que je ne sais quel trouble freudien m'a poussé à vouloir écrire les titres de mes articles en rapport avec les patisseries, gourmandises et autres sucreries... Eh oui, ceci explique les éclair, financier, fondant, flan, compote, parfait, etc. amenés plus ou moins artificiellement.

Mais bon, puisque cette période marque la fin d'une ère (déménagement, fin des études, début de l'été...), j'ai décidé de passer à autre chose et de m'arrêter là pour ce genre de fantaisie. La raison plus officieuse étant que c'est un artifice bien prise de tête et que parfois, je passais 15 minutes à essayer de trouver un titre à un article qui ne faisait que 4 lignes...

Quelques dernières perles pour la route, tout de même:

Ne pleurez pas comme des madeleines; je veux bien être bonne pâte, mais là je rends mon tablier...

Sur ce, à bientôt, et avec des titres plus basiques, je pense.

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Mercredi 21 juin 2006

Eh oui, la Fête de la musique, version amateur du Marathon de Paris, le tout en chansons...

Ca n'a pas encore commencé que déjà les mauvais plans s'accumulent...

L'année dernière, on avait atterri aux urgences après s'être déhanché au son des percus brésiliennes, quel sort nous réservera ce nouveau cru ?...

De là à ajouter une couche de mauvaise foi et dire que la soirée va finir sous la pluie, je ne saurais être aussi médisant...

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Dimanche 18 juin 2006

Une copine m'a envoyé l'adresse d'un site qui calcule la date de votre mort. Joyeux...

Bon, de mon côté, ça va, j'en ai encore pour un moment, en principe, je meurs en juillet 2068.

Mes colocs ont essayé, aussi; et David était super vexé parce qu'il était le premier à mourir, et Marion la dernière... "Oui, c'est facile, aussi; de toute façon, d'ici quelques années, l'espérance de vie des hommes rattrapera celle des femmes, parce qu'elles fument plus, et gnagnagna..." Qui a dit mauvaise foi ?... 

N'empêche qu'il a raison, ce site est ridicule. Hier, tranquillement confiant après ma fabuleuse prédiction de vieillir jusqu'à 86 ans, j'ai tout simplement failli mourir !!! L'air de rien, en mangeant mon poisson à la provencale, j'ai gobbé tout rond mon piercing! Il a du se dévissé et j'ai avalé la boule du haut...

Ok, j'avais surtout bien plus de chance de croquer dedans et de m'exploser une dent que de m'étouffer sur le coup, mais tout de même...

Bref, depuis hier, je suis un survivant du poisson provencale dévisseur.

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Samedi 17 juin 2006


Voilà, c'est la fin de la coloc...

Marion a déménagé son lit, et je commence mes cartons...

Ralala, et puis retourner vivre chez mes parents!

Finis les salades composées en piochant dans les provisions de chacun, les petits cadeaux sous le sapin à Noël, les placards laissés ouverts, le 91, la sculpture dans les toilettes, le bol qui traîne, les cigarettes sur la balcon, les soirées Nouvelle Star, les séances de Lost...

Que du bonheur et des souvenirs plein la tête.

 

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Vendredi 16 juin 2006

Bon, c'est définitif, je ne suis plus du tout fait pour les études...

J'avais une bonne semaine pour réviser mes exams et rédiger mes derniers rapports.

Ce n'est que finalement dévoré par la culpabilité et complètement intimidé par les mails de mes co-projets qui envoyaient outrageusement des "voilà ma partie terminée", "avec ce que je viens de rajouter, il ne manque plus que ce que doit finir Gyom...", "c'est marrant, Gyom, on dirait que tu fais comme si tu n'avais pas commencé ta partie..." et autres bassesses de ce genre, que j'ai finalement accompli ce qu'on attendait de moi. (Je suis complètement vulnérable au chantage, je le sais. Au chocolat aussi.)

Par contre, pour la révision des écrits... C'est une tout autre histoire. J'avais entre autre un cours entier à réviser: 2 polys de 120 pages chacun, à apprendre plus ou moins par coeur. Première tentative (après l'avoir repoussé au moins 3 jours de suite), 2h pour lire 15 pages: bel exploit. Deuxième tentative (le sur-lendemain...), pas mieux: 10 pages (mais j'avais un Stabilo, cette fois-ci, genre là je l'ai fait plus sérieusement...). Enfin bref, j'ai rien foutu, il me reste 7h pour lire le reste. No stress, je vais gérer. Il faudrait que je dorme, aussi. Pas de souci. De toute façon, même en me levant demain matin 20 minutes avant le début de l'épreuve et en n'en ayant pas lu une ligne de plus (je ne me fais pas d'illusion sur ma reprise après ce post...), je serai toujours confiant... Bon, en gros, je pense que je vais rendre quelquechose proche de la copie blanche, pour la première fois de ma vie. C'est con d'avoir attendu 20 ans d'études pour finalement finir comme ça...

De toute façon, j'ai la tête complètement ailleurs: j'ai eu la RH de la Société Générale qui me confirme mon départ à New-York pour Septembre, je suis tout fou, enfin la vie, la vraie, et à NY (prononcer "ène ouaïe")... J'ai rendu ma coloc complètement trop jalouse, c'est la fête.

Mon coloc m'a assomé ce matin en me soutenant qu'écrire un blog n'avait pour autre prétention que de se convaincre qu'on a finalement un formidable talent d'écriture, et de l'exhiber aux autres... Pas du tout, en fait, en ce qui me concerne, il sert avant tout à étaler mon bonheur à de (trop peu nombreux) inconnus!

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